Même si cela n'a pas l'air de passionner grand monde ..
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Ni liberté, ni justice
Dimanche , Décembre 9, 2012
En choisissant le nom de Liberté et de Justice pour leur parti, la confrérie des Frères musulmans avait placé la barre très haut. La liberté et la justice, avec le pain étaient en effet les trois mots clés de la Révolution du 25 Janvier.
Par Nabil El Choubachy
Le slogan et le symbole du soulèvement qui terrassa Hosni Moubarak en trois semaines. En choisissant ce nom, la confrérie se plaçait, alors, dans la lignée de l'Egypte moderne. Une Egypte assoiffée de liberté et de justice sociale, elle qui en a été privée pendant près d'une quarantaine d'années. A peine deux ans plus tard, que reste-t-il de ces mots ?
La Liberté ? En nommant un ministre de l'Information sorti de leurs rangs, en mettant en place des rédacteurs en chef des grands journaux issus de leur formation, en fermant des chaînes de télévision qui leur sont hostiles, en menaçant des journalistes qui osent les critiquer, en intentant des procès aux animateurs qui ne sont pas à leur solde, en laissant leurs milices détruire les tentes des opposants pacifiques devant le palais présidentiel et les pourchasser dans les rues du Caire en les tabassant, les Frères musulmans ont prouvé qu'ils n'ont apparemment pas compris le vrai sens du mot Liberté.
La Justice ? En interdisant par décret toute contestation de ses décisions par la justice, en évinçant de manière anticonstitutionnelle le procureur général, en rentrant dans un bras de fer avec les juges du pays, en laissant ses partisans encercler la Haute Cour constitutionnelle empêchant les juges de pénétrer dans leurs bureaux pour faire leur travail, la confrérie nous montre la haute estime qu'elle a envers la justice.
En vérité, le président Mohamed Morsi et la confrérie qui dirigent le pays se sont assis sur la justice et ont piétiné la liberté. Ils ont réussi en à peine cinq mois à diviser le pays. A monter les uns contre les autres. A installer le chaos dans les rues du Caire et des autres villes égyptiennes en faisant régner la raison du plus fort. Quel gâchis…
Elu péniblement grâce aux voix des laïcs qui ne voulaient pas de l'ancien régime, Mohamed Morsi aurait pu réunir autour de lui un gouvernement d'union nationale pour traverser ces durs moment que vit le pays.
Un gouvernement d'experts qui aurait réussi à sortir le pays de la crise qu'il traverse. Un gouvernement où toutes les franges de la population seraient représentées. Il aurait pu, il aurait dû se poser réellement comme le président de tous les Egyptiens.
Au lieu de ça, en bon soldat de sa confrérie, il a préféré se renfermer sur sa "tribu" comme il l'appelle.
Seulement le problème Monsieur le président, c'est que l'Egypte n'est pas et ne sera jamais une tribu.

