BrKill a écrit :Un projet de réforme? un réexamen de la loi de dieu, immuable et sacrée? tu y crois toi?
Oui et non. Je ne crois pas que les textes sacrés islamiques soient récupérables. Et je pense que la meilleure manière d’en convaincre les Musulmans est de les réunir pour en débattre. Il faut pour cela éviter les rencontres d’experts, déjà acquis à ces textes, et élargir la discussion à ce qu’on appelle le peuple, une communauté où le bon sens a plus d’importance que les honneurs et la liturgie. Le fait de mettre en place un grand projet de réforme du type de celui que je décris
ici, sur ce même forum, permettrait de créer une telle situation.
BrKill a écrit :Nous pouvons en débattre puisque nous sommes ici à le faire.
Si je comprends bien, "on" pourrait remplacer "avantageusement" un système par l'esclavage?
Oui.
BrKill a écrit :C'est à dire sous quel prétexte serait on esclave? qui seraient esclave? celui qui n'a rien? celui qui aurait "fauté"? celui qui n'aurait plus de boulot? celui qui se serait laisser capturer? les rezzous peut être? les plus faibles sûrement, et les malformés? les débiles légers? esclaves eux aussi? et les métèques? les pas blancs? aussi?
Les gens qui, aujourd’hui, se trouvent dans une situation désespérée à la suite d’événements de force majeure. Les gens que nous appelons des «réfugiés». Je proposerais que nous instituions un statut de travailleur sans droit pour eux – un statut volontaire, cela va de soi. Je rappelle que c’est un statut que je choisirais, si l’occasion m’en était donnée en ces termes.
BrKill a écrit :Dis moi ajm? un jour j'ai lu une de tes réponses où tu disais " un roi? pourquoi pas?, une autre "la démocratie est une horreur", encore un autre où tu parlais de la "laïcité de paccotille".
J’ai aussi précisé une certaine condition à la royauté – la démocratie directe. Où ai-je dit que la démocratie est une horreur? Et je qualifiais le système
français de laïcité de pacotille – et je persiste volontiers.
BrKill a écrit :Franchement? tu te sens comme partie d'une "élite"? une aristocratie? une race supérieure peut être?
Non, rien de tout cela. Je ne règne sur rien du tout. Ma femme trouve que je suis un père trop permissif, même.
BrKill a écrit :Tu votes quoi toi? Attila, gengis khan ou hitler?
Je pense surtout que les gens devraient voter beaucoup plus pour décider de questions qui les préoccupent, plutôt que pour choisir des gens qui le feront à leur place.
Je suis pour la civilisation et le progrès, bien sûr, mais je pense qu’il est faux de condamner en bloc les usages des civilisations antérieures, dont certaines sont d’ailleurs toujours pratiquées – cela empêche les gens de se ressourcer dans leurs origines. Par exemple, avec l’attitude commune envers l’esclavage, il devient normal de considérer que toute culture l’ayant appliqué, peu ou prou, était condamnable. Je pense qu’il est indispensable de faire la différence, de dire dans quelles conditions les sociétés primitives pouvaient pratiquer l’esclavage à bon escient. Par exemple. Cela favorise une recherche des vraies valeurs morales, et nous avons besoin de ce genre de recherches.
Ainsi, dans l’Islam, l’esclavagisme était une véritable industrie – et même le principal commerce de l’empire islamique, des siècles durant. Or, au-delà de l’indignation légitime que ce constat inspire, il faut comprendre deux choses: 1. un très grand nombre de Musulmans ont des esclaves parmi leurs ancêtres; et 2. nombreux furent les Musulmans capables, par là-même, de traiter correctement des esclaves. Il y a là une valeur humaine inestimable, qu’il faut préserver, revaloriser. Car ce sont des valeurs de ce genre qui pourront vaincre celles de l’Islam des textes (qui prescrit, lui, un esclavagisme violent et mercantile). Et ces valeurs ne se trouvent pas – ou seulement très exceptionnellement – dans le cœur des puissants, des érudits, mais elles sont communes parmi le peuple, les gens sans ambitions dominatrices.
BrKill a écrit :Pourtant jamais l'humanité n'a eu autant les moyens humains, techniques et financiers pour pallier à ce genre de tragédie. Pourquoi ne pas lutter plutôt afin de renforcer la solidarité mondiale lors de catastrophes? l'esclavagisme? tu es sûr?
D’abord, l’esclavagisme est par définition antagoniste à ce que je propose en matière d’esclavage. Ensuite, comment favoriser la solidarité – car tu as raison, nous avons, globalement, les moyens de remédier aux pires catastrophes? Mais nous ne sommes pas encore un corps global, loin de là. Il faudrait y travailler, beaucoup mieux que ce n’est le cas aux Nations unies.
Mais d’une manière très générale, il faut réaliser que la compassion et la solidarité font appel à des sentiments humains élémentaires que chacun peut ressentir – c’est cela qu’il faut encourager, surtout, avant les grands projets organisés qui ont toujours l’inconvénient de décharger les gens de leurs responsabilités morales envers leur conscience. L’esclavage que je propose aurait l’avantage de placer dans des populations nanties des individus totalement démunis, ce qui rendrait plus palpable chez les nantis la réalité terrible que vivent encore tant de gens sur terre aujourd’hui – alors qu’il serait possible de les aider. Aujourd’hui, les réfugiés sont mal accueillis, car c’est l’État qui s’en occupe, comme il peut – le facteur humain y est totalement dilué dans une avalanche de dispositions légales, de débats, de directives qui l’écrasent et le relèguent au rang d’alibi.
Si, en revanche, les réfugiés étaient – volontairement, encore une fois – des serviteurs gratuits dans leurs sociétés hôtes, étant entendu que les lois de ces sociétés en protégeraient la dignité, ils seraient aisément intégrés. Des gens de toutes sortes pourraient prendre un de ses réfugiés parmi eux, en faire un serviteur domestique et lui offrir ainsi une voie d’intégration autrement plus rapide et plus humaine que les camps de tri et autres ghettos (urbains) que l’État, sous différentes formes, met aujourd’hui à leur disposition.
Dans cette perspective, l’État aurait pour tâche principale de veiller à ce que les esclaves modernes soient bien traités et qu’ils progressent vers l’affranchissement. Mais la solidarité aurait lieu au niveau purement humain – les cultures se mélangeraient alors dans la vie de tous les jours, par le contact direct entre les gens.
Oui, je suis sûr que ce serait mieux. Et je pense qu’une société dans laquelle il serait possible d’aborder ce genre de discussions ouvertement, et sans s’attirer aussitôt des insultes, ferait ainsi la preuve de son véritable caractère d’ouverture, d’humanité, de respect de la réflexion et de la discussion.
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