
Un mot de travers, une goutte d'eau qui déborde, la corde qui finit par craquer, les vannes qui s'ouvrent et la colère monte, monte, monte. Elle est destructrice, elle vous submerge, elle emporte tout sur son passage et efface ce qui avait été acquis à force de patience. La colère est mauvaise compagne, piètre conseillère, terrible moment où tout bascule.
Elle s'impose à vous, vous coupe toute retraite. Elle vous montre le seul chemin qu'il ne fallait pas prendre, vous conduit par le bout des nerfs dans la pire impasse. Elle a ce don diabolique de guider sa victime vers l'inéluctable, l'irréparable, dans cette impasse dont on ne peut se sortir.
Elle vous avait envoyé déjà des signes, des signaux d'alerte. Vous les avez enregistrés avec un dédain méprisant. Ce n'est pas aujourd'hui que cette vilaine dame va vous faire sortir de vos gongs. Vous repoussez ses avances, vous lui tournez le dos. Elle revient à la charge, elle ajoute encore un grain de sable dans les rouages de votre patience. La colère est opiniâtre !
Vous prétendez ne pas l'entendre, ne pas sentir qu'elle vous tire par la manche pour vous entraîner vers le gouffre. Vous laissez monter cette pression intérieure qui précède l'orage. Le ciel s'obscurcit, chaque petite anicroche, chaque remarque, chaque geste se charge de cette électricité qui va vous porter à l'explosion. L'air vient à vous manquer.
Puis la colère sort de sa manche cette insidieuse petite étincelle qui va déclencher la foudre. Le nuage crève : vous êtes emporté comme un fétu de paille. Elle a pris votre contrôle, elle est maîtresse de votre rage, elle s'amuse de vous et vous laisse sans résistance face à sa folie destructrice. La colère dévore tout.
Les mots qui tuent, les gestes qui blessent, les décisions sans retour. En une seconde, vous pouvez infléchir le cours de votre existence. La colère n'a aucune mémoire, elle prend, elle tord, elle malaxe, elle détruit, elle désagrège. Vous n'êtes que le sujet de sa folie, simple pion balloté par les vagues d'une tempête démoniaque.
La suite de l'article de C'est Nabum, sur Agoravox : http://www.agoravox.fr/actualites/socie ... ral-152411
J'aime beaucoup les articles de C'est Nabum, encore une fois, il a tapé juste, c'est exactement ce que j'ai ressenti et ce que je ressens encore après le clash qui a divisé Islamla, on ne sort jamais vraiment indemne de ce genre d'expérience.




