Grumpy !
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Apostasie dans la vie quotidienne
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Innana
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Re: Apostasie dans la vie quotidienne
"La liberté, c'est la liberté de dire que 2 et 2 font 4. Lorsque cela est accordé, le reste suit." George Orwell, 1984
DOM JUAN: Je crois que deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit.
TARTUFFE :Couvrez ce sein que je ne saurais voir:
Par de pareils objets les âmes sont blessées,
Et cela fait venir de coupables pensées.
DORINE:Vous êtes donc bien tendre à la tentation,
Et la chair sur vos sens fait grande impression!
Certes je ne sais pas quelle chaleur vous monte:
Mais à convoiter, moi, je ne suis pas si prompte,
Et je vous verrais nu du haut jusques en bas
Toujours Molière ! :
DOM JUAN: Je crois que deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit.
TARTUFFE :Couvrez ce sein que je ne saurais voir:
Par de pareils objets les âmes sont blessées,
Et cela fait venir de coupables pensées.
DORINE:Vous êtes donc bien tendre à la tentation,
Et la chair sur vos sens fait grande impression!
Certes je ne sais pas quelle chaleur vous monte:
Mais à convoiter, moi, je ne suis pas si prompte,
Et je vous verrais nu du haut jusques en bas
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- yacoub
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Re: Apostasie dans la vie quotidienne
http://www.lepoint.fr/chroniques/redeke ... tor=EPR-6-
Redeker - Plaidoyer pour la "radicalisation"
Le philosophe souhaite réhabiliter le mot "radical" - qui renvoie aux racines - trop hâtivement attribué aux terroristes.
Par Robert Redeker

Des batailles peuvent se perdre parce que le vocabulaire aura été mal choisi. Ainsi croit-on combattre la tentation subie par une partie de la jeunesse française de verser dans le terrorisme islamiste en pourfendant sa « radicalisation ». Partout apparaissent des cellules psychologiques « anti-radicalisation ». Les politiciens de tous bords affirment l'urgence de lutter contre « la radicalisation ». Si l'intention en est bonne, les mots employés risquent néanmoins de provoquer l'effet inverse de celui originellement recherché : valoriser ce qu'on entend condamner, favoriser ce que l'on souhaite proscrire.
Radical est un joli mot qui renvoie à l'idée de racine. Autrement dit : de source, de commencement, d'origine, bref, de pureté. Dans la politique française, le radicalisme entendait incarner le républicanisme dans toute sa pureté. La République radicale, c'était la République tout court ! La République dans son essence ! L'imaginaire transporté par le mot de « radicalisation », qui est un imaginaire de l'authenticité, entre en contradiction avec le message que la société veut envoyer à cette jeunesse. Se servir du mot de « radicalité » pour désigner l'islamisme djihadiste revient à le valoriser plutôt qu'à le condamner, à le rendre attrayant. C'est en effet laisser supposer que la vérité (l'adéquation à l'origine) de la religion musulmane réside dans cet islamisme.
Confusion
Dans son usage anti-islamiste, le mot de « radicalité » dit exactement le contraire de ce qu'on veut lui faire dire. On souhaite qu'il signifie : dérive, perversion, monstruosité, trahison du sens et des origines. On veut signifier que la radicalisation est tout à fait contraire à l'islam, qu'elle est une forme d'apostasie. Et, bien que ce soit là ce qu'il importe de faire comprendre à cette jeunesse à la dérive, c'est l'inverse que l'on dit !
Le même vocable désigne le Parti radical, les radicaux de gauche et les assassins du Bataclan. Cette confusion signale que quelque chose est inadéquat – et, par suite, inopérant – dans notre lexique politique. Radicalité est un mot qui ennoblit la cause que l'on défend. Radicalisation est un mot qui enjolive jusqu'à l'absolu le combat que l'on mène. Monsieur Hollande et monsieur Valls veulent faire gagner à la France ce qu'ils appellent une guerre. Ils ne pourront y parvenir – « nous » ne pourrons y parvenir – tant que nous ne trouverons pas d'autres mots pour désigner cette folle dérive que ceux, valorisants, de « radicalité » et de « radicalisation ».
Redeker - Plaidoyer pour la "radicalisation"
Le philosophe souhaite réhabiliter le mot "radical" - qui renvoie aux racines - trop hâtivement attribué aux terroristes.
Par Robert Redeker

Des batailles peuvent se perdre parce que le vocabulaire aura été mal choisi. Ainsi croit-on combattre la tentation subie par une partie de la jeunesse française de verser dans le terrorisme islamiste en pourfendant sa « radicalisation ». Partout apparaissent des cellules psychologiques « anti-radicalisation ». Les politiciens de tous bords affirment l'urgence de lutter contre « la radicalisation ». Si l'intention en est bonne, les mots employés risquent néanmoins de provoquer l'effet inverse de celui originellement recherché : valoriser ce qu'on entend condamner, favoriser ce que l'on souhaite proscrire.
Radical est un joli mot qui renvoie à l'idée de racine. Autrement dit : de source, de commencement, d'origine, bref, de pureté. Dans la politique française, le radicalisme entendait incarner le républicanisme dans toute sa pureté. La République radicale, c'était la République tout court ! La République dans son essence ! L'imaginaire transporté par le mot de « radicalisation », qui est un imaginaire de l'authenticité, entre en contradiction avec le message que la société veut envoyer à cette jeunesse. Se servir du mot de « radicalité » pour désigner l'islamisme djihadiste revient à le valoriser plutôt qu'à le condamner, à le rendre attrayant. C'est en effet laisser supposer que la vérité (l'adéquation à l'origine) de la religion musulmane réside dans cet islamisme.
Confusion
Dans son usage anti-islamiste, le mot de « radicalité » dit exactement le contraire de ce qu'on veut lui faire dire. On souhaite qu'il signifie : dérive, perversion, monstruosité, trahison du sens et des origines. On veut signifier que la radicalisation est tout à fait contraire à l'islam, qu'elle est une forme d'apostasie. Et, bien que ce soit là ce qu'il importe de faire comprendre à cette jeunesse à la dérive, c'est l'inverse que l'on dit !
Le même vocable désigne le Parti radical, les radicaux de gauche et les assassins du Bataclan. Cette confusion signale que quelque chose est inadéquat – et, par suite, inopérant – dans notre lexique politique. Radicalité est un mot qui ennoblit la cause que l'on défend. Radicalisation est un mot qui enjolive jusqu'à l'absolu le combat que l'on mène. Monsieur Hollande et monsieur Valls veulent faire gagner à la France ce qu'ils appellent une guerre. Ils ne pourront y parvenir – « nous » ne pourrons y parvenir – tant que nous ne trouverons pas d'autres mots pour désigner cette folle dérive que ceux, valorisants, de « radicalité » et de « radicalisation ».

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