«La Turquie est laïque et restera laïque»,

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torabora
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Re: Re : «La Turquie est laïque et restera laïque»,

Message non lu par torabora »

goul a écrit :
adorerdieu a écrit :
ce mec là , n'aurait même pas le droit de passer a la télé chez lui en Egypte
si t' as des comptes a regler avec tarek ramadan :lol: tu peux le faire sur son site http://www.tariqramadan.com/rubrique.php3?id_rubrique=5 et pas sur islamla :oops: :oops: :oops: :oops:


donc ton lien tu peux te le mettre dans le Q
Ton Cul ouais !!! :D :D :D :D

Humanisme quand tu nous tiens ! :D :D
adorerdieu
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Re: Re : «La Turquie est laïque et restera laïque»,

Message non lu par adorerdieu »

]
Je n'ai pas de temps a perdre avec quelqu'un

voila une une autre victime de l' atheisme :lol: on diré que tous les athées ont un exces de narcissisme :lol:




donc ton lien tu peux te le mettre dans le Q

je vois que les pseaudo athées de islamla ont aussi besoin de quelque cours de civisme et de morale :wink:
mystic
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Re: Re : «La Turquie est laïque et restera laïque»,

Message non lu par mystic »

goul a écrit :
tooz ![/quote]

3lik
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goul
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Re: Re : «La Turquie est laïque et restera laïque»,

Message non lu par goul »

torabora l'encoranisé a écrit :
Humanisme quand tu nous tiens ! :D :D
Humaniste ne veut pas dire con, vous allez un jour ou l'autre le comprendre à vos dépens
mystic l'encoranisée a écrit :
3lik
Tu es danseuse égyptienne du ventre ?
mystic
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Re: Re : «La Turquie est laïque et restera laïque»,

Message non lu par mystic »

goul a écrit :
torabora l'encoranisé a écrit :
Humanisme quand tu nous tiens ! :D :D
Humaniste ne veut pas dire con, vous allez un jour ou l'autre le comprendre à vos dépens
mystic l'encoranisée a écrit :
3lik
Tu es danseuse égyptienne du ventre ?
oui
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goul
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Re : «La Turquie est laïque et restera laïque»,

Message non lu par goul »

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adorerdieu
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Re: Re : «La Turquie est laïque et restera laïque»,

Message non lu par adorerdieu »

goul a écrit :Image

bravo gool :lol: on diré que tu maîtrises bien les mouvements de base de la danse orientale :lol: :lol: :lol: :lol: bonne continuation :lol:
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Georges
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Re : «La Turquie est laïque et restera laïque»,

Message non lu par Georges »

Attaque au grand jour

Mots clés : Cour constitutionnelle, parti islamique AKP, Parti politique, Turquie (pays)
Dans la foulée de sa première victoire aux législatives turques de 2002, le parti islamique AKP et l'élite laïque, celle collant plus précisément à l'héritage kémaliste, se sont livré un combat plus ou moins larvé. Depuis deux jours, ce combat feutré a viré à l'affrontement lorsque les juges de la Cour constitutionnelle du pays ont conclu à l'unanimité que la requête du procureur de la Cour de cassation demandant l'interdiction de l'AKP et d'une formation pro-kurde était recevable. À l'évidence, la vie politique du pays va verser dans l'immobilisme, lors des prochains mois.




Tout a débuté lorsque le gouvernement du premier ministre Recep Tayyip Erdogan a concentré ses énergies à lever l'interdiction du port du voile dans les universités et à soustraire les restrictions imposées à l'enseignement de la religion dans les écoles publiques. Ces dernières ayant été considérées comme une énorme provocation et comme une entorse aux valeurs laïques de Kemal Atatürk, des magistrats de la Cour de cassation ont donc décidé d'affronter le gouvernement en place en concentrant le tir sur sa raison d'être, sa culture politique. Laquelle? Introduire des principes religieux dans la cité.

Avant de poursuivre, deux ou trois choses concernant la Turquie doivent être précisées. Tout d'abord, il faut souligner que la Cour constitutionnelle et tous les autres paliers du pouvoir judiciaire forment en fait le bastion laïque du pays. Ses juges étaient et demeurent les gardiens aussi sourcilleux que pointilleux des valeurs inscrites par le père de la Turquie moderne dans la loi fondamentale. Actuellement, le plus haut tribunal est composé par une forte majorité de kémalistes, dont plusieurs ont été nommés par l'ex-président Ahmet Necdet Sezer, réputé farouchement opposé à l'AKP.

Outre le pouvoir judiciaire, l'autre château fort du kémalisme est évidemment les forces armées.
C'est à souligner, les premières salves tirées dans le flanc de l'AKP portaient la marque des militaires. Parmi ces dernières, il faut retenir l'avertissement lancé par le chef d'état-major en personne à la veille des élections de juillet dernier. Quelle était la teneur de cet avertissement? En substance, le gradé des gradés prévenait que l'AKP devrait tempérer ses ardeurs religieuses.

Certain que les dirigeants de l'AKP ont un programme caché, soit étendre l'islamisme à toutes les sphères d'activités à long terme, le duo formé des juges et des militaires se montre déterminé à freiner le mouvement.
Le hic, c'est que s'ils obtiennent satisfaction, autrement dit si l'AKP et la formation kurde sont interdits, cela reviendra à invalider du coup plus de la moitié des votes de juillet dernier.

Cette offensive, celle des juges pour être précis, a fait couler beaucoup d'encre en Europe, pour la simple et bonne raison que des responsables turcs négocient avec leurs homologues de Bruxelles les conditions d'entrée dans l'Union européenne (UE).
Et alors? Le commissaire chargé de l'élargissement de l'UE a indiqué que si l'AKP était banni, l'adhésion de la Turquie serait sérieusement compromise. C'est dire.
"La où l'islam passe, la civilisation trépasse" Ibn Khaldoun
"l' islam est une loi pour les pourceaux" Ibn Roshd
"Je suis le prophète du carnage. Je suis le rieur sanglant" Mahomet
"le paradis est à l' ombre des épées" Mahomet
Les peuples non civilisés sont condamnés à rester dans la dépendance de ceux qui le sont.
Et la civilisation, c'est l'Occident, le Monde Moderne, dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre.
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Georges
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Re : «La Turquie est laïque et restera laïque»,

Message non lu par Georges »

L'AKP, au pouvoir en Turquie, se prépare à être interdit Reuters
L'AKP, le Parti de la justice et du développement au pouvoir en Turquie, commence à anticiper sa dissolution par la Cour constitutionnelle ainsi que l'exclusion de son Premier ministre, Tayyip Erdogan, selon de hauts responsables du parti interrogés par Reuters.

La Turquie vit dans l'incertitude depuis que la plus haute juridiction du pays a jugé recevable en mars dernier la requête du procureur en chef de la cour d'appel, qui demande l'interdiction de l'AKP en raison de ses liens présumés avec l'islamisme.

Il réclame aussi l'interdiction de toute activité politique à l'encontre de 71 dirigeants de l'AKP, dont Erdogan et le président, Abdullah Gül, qu'il accuse d'atteintes à la constitution laïque de la Turquie.

Après avoir affiché son optimisme pendant des semaines, l'état-major de l'AKP, qui se défend des accusations portées contre lui, estime aujourd'hui que ses chances de sortir vainqueur de cette procédure judiciaire sont minimes et s'est attelé à définir un plan alternatif pour revenir au pouvoir sous une autre forme.

"L'AKP va être dissous, Erdogan devrait être interdit ainsi que d'autres membres du parti", a déclaré à Reuters un ministre s'exprimant sous le couvert de l'anonymat. "Cette analyse est partagée par de nombreux membres du gouvernement."

Un autre haut responsable de l'AKP en convient. Il ajoute que la probabilité est forte également de voir le président Abdullah Gül, élu l'an dernier par le parlement, frappé d'une interdiction d'appartenir à un parti politique pendant cinq ans.

Protégé pour l'heure par l'immunité attachée à sa fonction, Gül, s'il était effectivement condamné, ne commencerait à purger sa condamnation qu'au terme de son mandat.

UN NOUVEAU PARTI ?

"Je suis inquiet pour l'avenir de la Turquie, mais notre sort est entre les mains des onze juges (de la Cour constitutionnelle) et nous ne pouvons que prédire ce qu'ils décideront", ajoute ce responsable, qui qualifie de "très sombre" l'atmosphère au sein du parti.

Depuis qu'elle a accepté d'examiner l'affaire, la Cour constitutionnelle n'a fait aucun commentaire sur le fond et s'est contentée de critiquer ceux qui tentent de faire pression sur ses magistrats.

L'Union européenne, que la Turquie ambitionne de rejoindre, s'est élevée contre cette procédure, et estime que les accusations soulevées par le procureur en chef de la cour d'appel devraient être débattues au parlement et tranchées dans les urnes, pas dans un prétoire.

Les marchés financiers turcs ont été atteints, les analystes anticipant des mois d'instabilité et une menace réelle sur les réformes politiques et économiques du pays.

D'après plusieurs membres de l'AKP, la Cour constitutionnelle, qui se voit comme garante des principes laïcs qui fondent la Turquie, pourrait rendre son verdict dès le mois de juillet.

"Nous formerions alors un nouveau parti", annonce un haut responsable de l'AKP, large vainqueur des élections législatives de l'an dernier.

Plus de vingt formations politiques ont été dissoutes en Turquie pour leurs liens présumés avec des islamistes ou les séparatistes kurdes. Ce fut notamment le cas, en 2001, du Refah, le Parti de la prospérité de l'ancien Premier ministre Necmettin Erbakan, dont l'AKP est le successeur.

La procédure judiciaire entamée contre le parti d'Erdogan semble avoir été déclenchée par la décision du pouvoir de lever l'interdiction du port du voile dans les universités. Pour les tenants de la laïcité, le voile incarne l'islam politique.

Version française Henri-Pierre André

http://www.lexpress.fr/info/infojour/re ... p?id=71163
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Georges
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Re : «La Turquie est laïque et restera laïque»,

Message non lu par Georges »

La justice s'acharne contre le parti au pouvoir

Alors que la Cour constitutionnelle doit se prononcer bientôt sur l'interdiction de l'AKP pour atteintes à la laïcité, le Conseil des présidents de la Cour de cassation et le Conseil d'Etat viennnent d'émettre des avis très sévères à son égard. Revue de presse.

Pour l'écrivain Ahmet Altan, corédacteur en chef du quotidien Taraf, l'offensive des instances judiciaires contre le Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir, "n'est rien d'autre qu'une déclaration de guerre de la bureaucratie judiciaire contre le peuple". "En effet", poursuit Altan, "que fait la justice turque ? Elle se révolte contre la souveraineté d'un Parlement qui tire sa force de la volonté populaire. Le contenu de l'avis de la Cour de cassation est très éclairant de ce point de vue. On peut ainsi y lire à propos de la loi visant à lever l'interdiction du port du voile : "une loi adoptée à une vitesse qui empêche de l'arrêter". La Cour de cassation se plaint donc de ne pas pouvoir empêcher que soit adoptée une loi votée par trois des quatre partis de l'Assemblée nationale. A noter que ces trois partis représentent 80 % de la société. Quelques dizaines de juges croient donc qu'ils peuvent encore, comme dans le bon vieux temps, dicter à la société la façon dont celle-ci doit se comporter."

Selon Hasan Cemal, de Milliyet, en démocratie l'institution judiciaire doit rester indépendante et neutre. Or pourtant, poursuit Cemal, "cette même justice, qui sort donc maintenant de son rôle pour prendre des positions politiques, est restée bien silencieuse face aux préparatifs de coup d'Etat élaborés en 2003 et en 2004. Elle n'a d'ailleurs jamais interrogé les généraux à la retraite qui auraient été mêlés à ces projets, courbant l'échine lorsque l'armée émet des ultimatums. Quelle est donc cette justice qui va jusqu'à exclure de la profession un procureur dans l'affaire Semdinli [attentat commis en 2005 qui a mis en exergue l'implication de militaires turcs dans des "escadrons de la mort" sur fond de question kurde], l'empêchant même de redevenir un simple avocat ? Quelle est cette justice qui ne réagit pas lorsqu'une juge du Conseil d'Etat va encore récemment jusqu'à approuver publiquement les exécutions commises après le coup d'Etat de 1960 ? Où est le droit là-dedans ? Vous pouvez ne pas apprécier la politique menée par l'AKP, les critiques ne manquent pas, mais si vous devez mener un combat contre l'AKP faites-le sur le terrain démocratique et non pas par des moyens douteux."

Dans le quotidien Vatan, Okay Gönensin souligne que l'AKP "s'est ainsi mis à dos les trois plus hautes instances judiciaires du pays". "La Cour de cassation et le Conseil d'Etat ont pris ouvertement position contre l'AKP, alors que la Cour constitutionnelle est déjà en train de gérer le dossier de l'interdiction de l'AKP. Par ailleurs, force est de constater que l'AKP est en conflit, non seulement avec le monde judiciaire, mais aussi avec une bonne partie des médias ainsi qu'avec la Banque centrale qui tente de résister à la politique populiste du gouvernement Erdogan. Ne parlons pas des relations entre les syndicats très détériorées depuis la répression policière des célébrations du 1er mai. Si l'on ajoute à cela des rapports distants avec l'armée, on mesure l'impasse dans laquelle se trouve le gouvernement dont on se demande ce que, désormais, il dirige vraiment."
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Re : «La Turquie est laïque et restera laïque»,

Message non lu par Georges »

Turquie : le voile reste interdit à l'université :D


En Turquie, le port du voile est toléré mais il reste interdit à l'université. : AFP

Les onze juges de la Cour constitutionnelle se sont posés en défenseurs de la laïcité en rejetant un amendement du parti au pouvoir en faveur du voile.
Istanbul. De notre correspondante

Le port du voile dans les universités semble être définitivement interdit en Turquie : la Cour constitutionnelle a annulé, hier, un amendement du parti conservateur au pouvoir autorisant le port du voile sur les campus. Elle a jugé qu'il était contraire à la laïcité. Le jugement est d'autant plus crucial qu'il est considéré comme un signe pour l'issue du procès d'interdiction du parti au pouvoir, l'AKP. Ce sont les mêmes juges qui décideront, en effet, si l'AKP doit être interdit, ou non, pour être devenu « un foyer des activités anti-laïques ».

« Avec cette décision, nous passons d'une démocratie parlementaire à une oligarchie des juges », a protesté Hüsrev Kutlu, député de l'AKP. Les dirigeants du parti, dont le Premier ministre Erdogan, gardent, pour l'instant, leur silence, mais, selon les médias, ils seraient déjà en train de penser au nouveau parti qu'ils vont créer, tant l'issue du procès d'interdiction leur semble inévitable.

« La Cour a rendu un verdict très controversé. Elle n'est autorisée qu'à faire un examen sur la forme des amendements. Or elle s'est prononcée sur le fond. C'est un détournement de la compétence », a déclaré Ergun Özbudun, spécialiste du droit constitutionnel, sur la chaîne NTV. Les juges semblent avoir considéré que l'amendement sur le voile n'aurait jamais du être voté : l'article 4 de la Constitution turque précise que le changement des caractéristiques de la République, dont la laïcité, ne peuvent même pas être soumis au vote.

En déclarant de cette manière que le port du voile viole le principe de la laïcité, la Cour satisfait le camp laïc et les militaires qui voient chez les étudiantes voilées le symbole de la montée de l'islamisme. Mais elle risque de mettre en péril sa légitimité aux yeux d'une grande majorité (plus de 70 %, selon les sondages) qui souhaite la fin de l'interdiction du port du voile dans les universités, tout en restant attaché à la laïcité.


Burcin GERCEK.
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Re : «La Turquie est laïque et restera laïque»,

Message non lu par jojo_le_canard »

A priori une bonne nouvelle mais bon que ce soit l'armée et les juges qui dégomment encore un gouvernement contrairement au désir du peuple ça laisse un mauvais goût dans la bouche...

La Turquie semble tenir le coup c'est déjà ça. Et en prime après ça on est pas près de les voir dans l'UE ce qui vaut sans doute mieux.
Vive la choucroute et le saucisson
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Georges
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Re : «La Turquie est laïque et restera laïque»,

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Le laboratoire turc

Aujourd'hui, en Turquie, sur fond de violences kurde, islamiste et nationaliste, on assiste à la montée de tensions politiques qui se jouent entre trois blocs.

Les kémalistes, républicains, tenants d'une laïcité pure et dure, sont mobilisés, avec l'appui du gros de l'appareil militaire, face à un parti musulman, l'AKP, vainqueur des dernières élections avec près de la moitié des suffrages. Ils l'accusent d'anti-laïcité et ont voulu - en vain - le faire interdire par la Cour constitutionnelle. Les responsables de l'AKP, pour leur part, se démarquent de tout islamisme de combat, se veulent bien plus pro-européens et moins nationalistes que les kémalistes, et incarnent, en fait, une sorte d'équivalent des démocraties chrétiennes européennes. Ils n'ont rien à voir, ni de près ni de loin, avec les auteurs des récents attentats d'Istanbul, et pas davantage avec le nationalisme turc qui a abouti à l'assassinat du journaliste d'origine arménienne, Hrant Dink, en janvier 2007. Ils sont vraisemblablement à l'origine du processus ayant abouti à l'incarcération de deux généraux à la retraite, accusés d'avoir préparé des attentats destinés à créer un climat favorable à un coup d'État militaire.

Et entre les deux, des intellectuels, des journalistes, une frange importante de l'opinion, active, mais peu structurée politiquement, s'engage pour la démocratie et les droits de l'homme, refusant tout autant les risques de dérive islamiste que l'autoritarisme qui menace du côté des kémalistes.

Il y a là, pour nous, d'importants enseignements à tirer. L'expérience turque nous montre d'abord que l'idéal républicain risque d'être perverti pour devenir un « républicanisme ». Cette dénaturation, à droite comme à gauche, s'articule bien avec le nationalisme. Et quand les promesses de la République ne sont pas tenues, elles deviennent un discours purement répressif. Quand l'idéal républicain ne trouve plus les canaux de sa réalisation, il aboutit à la violence, de la part de ceux qui enragent d'être sommés de s'y retrouver sans qu'on leur donne les moyens de s'intégrer, et de la part de l'État qui entend néanmoins le faire prévaloir. Nous avons vécu ce type de violence lors des émeutes d'octobre-novembre 2005 dans nos banlieues.

L'expérience turque nous montre aussi que l'islam n'est pas incompatible avec la démocratie. Car, si celle-ci est menacée aujourd'hui, dans le seul pays musulman au monde à être démocratique, ce n'est pas du fait de l'AKP, mais des kémalistes les plus intransigeants, qui se préparent à faire fi des résultats électoraux. Il existe, en fait, deux conceptions principales de la laïcité ; l'une en fait un combat antireligieux, l'autre s'efforce de séparer, et aussi d'articuler le religieux et le politique. Les tensions en Turquie nous invitent à rejeter la première conception, qui risque de conduire à la violence et à la négation de la démocratie, au profit de la seconde.

Enfin, les événements qui agitent la Turquie nous montrent que le clivage classique gauche/droite fonctionne mal dès qu'il s'agit de faire preuve de tolérance ou de reconnaissance des particularismes religieux ou culturel. Face aux revendications identitaires, en effet, aussi bien la gauche que la droite sont déchirées et il est bien difficile de dire ce qu'est une attitude de gauche ou de droite. Être « républicaniste », par exemple, est-ce être de gauche ou de droite ? La Turquie vit ces questions avec beaucoup plus d'intensité que nous, elle constitue un laboratoire où s'inventent aussi des réponses nouvelles : nous avons tout à gagner à l'observer et à en tirer des leçons pour nous-mêmes.



(*) Sociologue, enseigne à l'École des hautes études en sciences sociales.


Michel Wieviorka (*)
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Re : «La Turquie est laïque et restera laïque»,

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L’AKP échappe de peu à l’interdiction : victoire du compromis
Par Marie-Antide Fort, le samedi2 août 2008
La Cour Constitutionnelle a rendu son verdict hier en fin d’après midi. Après 3 jours de délibération, la majorité requise de 7 juges n’ayant pas été atteinte, le parti AKP au pouvoir échappe donc à l’interdiction et 71 de ses membres à 5 ans d’inéligibilité. En effet, 6 juges ont voté pour l’interdiction du parti, 4 juges pour des sanctions financières et un juge s’est opposé à toute sanction.

Accusé par un procureur général d’activités anti-laïques en Mars 2008, l’AKP se retrouve donc sanctionné financièrement par une diminution de moitié des subventions perçues du Trésor en 2008. Il devra donc rembourser 22.8 millions YTL (près de 10 millions d’euros) sur les 44 millions YTL reçues en début d’année.

Le scrutin a été serré, il ne s’agit donc pas d’un triomphe mais d’une mince victoire. Reste à savoir de qui ou de quoi.

Le Premier Ministre Recep Tayip Erdogan s’est empressé hier de se féliciter de cette décision, la qualifiant de victoire de la démocratie. C’est aller très vite, trop vite.

Cette décision est d’abord une victoire du compromis. Depuis 1960, une vingtaine de partis, essentiellement pro-kurdes ou pro-islamistes, ont été interdits et cette décision de la Cour, rendue possible par un amendement de la Constitution en 2001, est une première dans la vie politique turque. Elle faut y voir une amorce de compromis pour vivre ensemble entre deux camps qui s’affrontent ouvertement pour le pouvoir depuis plus de 10 ans (je prends comme point de départ l’interdiction du parti Refah, tenant d’un islamisme très conservateur en 1997).

N’oublions pas qu’un autre parti, le DTP pro-kurde, est aussi sous le coup d’une interdiction. Ce sera une victoire de la démocratie, de la liberté d’expression et du droit du citoyen à disposer de lui-même quand une sentence qui relaxe ce parti sera prononcée.

Cette décision est ensuite une victoire de la Cour Constitutionnelle qui, du rôle de gardienne de valeurs figées par une interprétation stricte de la loi, endosse l’habit de pacificatrice des confrontations politiques. Et ce n’est pas un hasard si le juge Kilic, une fois la sentence prononcée, a appelé les partis à la négociation avant d’avoir recours à l’arsenal juridique.

Cette décision est enfin une condamnation « de la conception de souveraineté comme la comprend l’AKP » : les 47% de votes qui l’ont porté au pouvoir et le manque d’opposition ne doivent pas lui faire oublier qu’il n’est que le parti majoritaire, « la souveraineté appartenant au peuple et non pas à un parti » (extraits d’une interview du professeur Ibrahim Kaboglu, parue dans le quotidien Milliyet, le 28 Juillet).

« Durmak yok, yola devam ! » (pas d’arrêt, on continue !) : ce slogan de l’AKP lors des législatives de 2007 a resurgi hier, dans l’enthousiasme d’avoir échappé à l’interdiction. La forte tension qui régnait en Turquie depuis plusieurs semaines, est enfin retombée. Retour donc à la vie courante, à la gestion du quotidien, de l’inflation qui repart, de la crise économique qui se dessine pour 2009 et des tensions dans l’Est kurde.

URL de cet article: http://www.turquieeuropeenne.org/article2926.html
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