Le pays cher à Moustic vient enfin d' admettre le cinéma.
Arabie: le chef de la police religieuse tempère son opposition au cinéma
21.12.08 | 12h55
e chef de la puissante police religieuse saoudienne a tempéré son opposition au cinéma qu'il a précédemment qualifié de "mal absolu", dans des déclarations publiées dimanche par la presse locale.
"Le cinéma peut être acceptable s'il sert la cause de dieu et le bien", a déclaré, cheikh Ibrahim al-Gaïth, deux jours après avoir considéré cet art comme "un mal absolu".
"Je n'ai pas dit qu'on refuse le cinéma mais j'ai déclaré qu'on n'a pas été consulté lors de l'organisation d'événements cinématographiques", a-t-il dit en référence à une série de projections récentes d'un film saoudien à Djeddah et Taëf, dans l'ouest de l'Arabie saoudite, une première depuis trente ans.
Les projections du film "Manahi", sur les mésaventures de spéculateurs en bourse, avec le soutien du gouverneur de La Mecque, le prince Khaled al-Fayçal, un poète et homme de lettres, ont rencontré un vif succès populaire.
L'organisateur de ces projections, Mamdouh Salem, qui a une compagnie artistique appelée "Roadmedia", a pourtant déclaré avoir pris contact avec la police religieuse avant les projections à Djeddah.
Des membres de cette force ont vérifié la salle pour s'assurer qu'il y a une entrée pour les femmes et une autre pour les hommes et ne sont plus revenus, a-t-il déclaré récemment à l'AFP.
Il n'y a pas de salles de cinéma en Arabie, royaume ultraconservateur qui suit le wahhabisme, une lecture rigoriste de l'islam sunnite, où le septième art est considéré comme une expression artistique dépravée et où la pratique de musique et de la chanson est interdite aux femmes.
"Je dis qu'on peut montrer de bonnes choses dans les cinémas mais qu'on peut aussi y diffuser le mal et c'est ce que j'ai déclaré lorsque j'ai été interrogé à ce sujet", a ajouté le directeur général de la Commission pour la propagation de la vertu et la prévention du vice, le nom de sa police.
"Je rappelle qu'il y a eu des fatwas (avis religieux autorisés) de nos oulémas interdisant le cinéma lorsqu'on leur a rapporté le contenu des films qui étaient diffusés dans le temps", a-t-il ajouté.
"Nous sommes contre le cinéma et contre ce qu'on montre de mauvais au cinéma. C'est là la position des oulémas d'Arabie saoudite, dont celle du mufti (actuel, Abbel Aziz Al-Cheikh) et de (son prédécesseur) cheikh Abdel Aziz ben Baz", a encore dit le chef de la police saoudienne.
"Donc, notre position est conforme à celle du Comité des hauts oulémas (...) mais si le cinéma apporte le bien, nous l'acceptons", a conclu le cheikh dont la police veille aux bonnes moeurs, sépare les hommes des femmes dans les lieux publics, que les commerces ferment pendant les prières ou que les femmes portent une tenue conforme au code islamique dans la rue.