Georges a écrit :Jérusalem -- De nouveaux documents des archives du Vatican pourraient modifier la perception d'un pape Pie XII silencieux face au génocide nazi, a affirmé hier le directeur de Yad Vashem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem.
Avner Shalev a indiqué que son institut avait reçu des documents attestant que des consignes venues de très haut dans l'Église avaient été données durant la Seconde Guerre mondiale à un couvent hors de Rome pour abriter des juifs persécutés. Le pape aurait donné personnellement la consigne de sauvegarde, selon ces rapports.
«Si un ou deux de ces documents voient le jour, cela fournira un nouvel éclairage» entraînant un «profond changement de notre perception» du rôle du pape Pie XII, a déclaré le directeur de Yad Vashem lors d'une conférence de presse avant la visite en Terre sainte du pape Benoît XVI.
M. Shalev s'est félicité des bons rapports actuels entre Yad Vashem et le Vatican et de la bonne atmosphère qui a présidé aux préparatifs de la visite.
Selon son programme, Benoît XVI doit se rendre au mémorial de Yad Vashem, érigé en souvenir des six millions de victimes juives des nazis, mais pas dans le musée où le pape Pie XII est présenté comme ayant été passif face à l'extermination des juifs. «Nous n'aurions aucun problème à changer le texte de présentation de Pie XII au vu de nouveaux documents», a précisé une porte-parole de Yad Vashem.
Il a été reproché à Pie XII (1939-1958) de n'avoir pas dénoncé publiquement l'entreprise d'extermination nazie, bien que les historiens reconnaissent un rôle important de l'Église dans le sauvetage de juifs.
En 2006, la presse italienne avait déjà révéle que le couvent romain des Santi Quattro Coronati avait abrité durant l'occupation nazie des réfugiés politiques et des juifs sur l'ordre direct du pape Pie XII, selon le journal d'une des soeurs augustines du couvent. La soeur augustine écrivait que le pape voulait sauver «ses enfants ainsi que les Juifs» et ordonnait que les monastères, y compris les clôtures, soient ouverts à ceux qui sont persécutés.
MERCI, cher Georges, pour cette information que je ne connaissais pas ...
En effet, c’est bien dans le contexte de la montée du Nazisme que le futur Pie XII, Eugenio Pacelli, fervent germanophile, a été reconnu comme l’une des personnalités religieuses les plus critiques de son temps envers l’idéologie hitlérienne. Durant son nonciature apostolique en Allemagne, sur quarante-quatre discours prononcés entre 1917 et 1929, pas moins de quarante dénonçaient les dangers imminents du Nazisme. Il alla même jusqu’à qualifier les nazis de "faux-prophètes à l’orgueil de Lucifer" en 1935 dans une lettre ouverte à l’évêque de Cologne avant de participer en 1937 à la rédaction de l’encyclique Mit brennender Sorge ("Avec un souci brûlant ") de Pie XI, dénonçant les exactions des nazis et qui fut introduite clandestinement en Allemagne et lue le dimanche dans toutes les églises sans que les nazis ne se doutèrent de quoi que ce soit.
(je cite) :
Devenu Pape sous le nom de Pie XII, Eugenio Pacelli allait poursuivre cette lutte inégale contre le Nazisme tout en restant extrêmement prudent : il était bien conscient des répercussions que pouvaient avoir chacun des mots qu’il prononçait. Sa première encyclique, Summi Pontificatus, condamnait si fermement le racisme que les avions alliés en larguèrent plusieurs milliers d’exemplaires sur l’Allemagne afin de susciter la naissance d’un sentiment antiraciste parmi la population. De plus, dans son message à la radio pour le Noël de 1942, Pie XII évoqua clairement « les centaines de milliers de personnes qui, (…) par le seul fait de leur nationalité ou de leur race, ont été vouées à la mort ou à une extermination progressive. ».
La réaction de Heydrich - instigateur de la « solution finale » durant la conférence de Wannsee - ne se fit pas attendre, dans une circulaire interne datée du 22 Janvier 1943 il dit : « De façon sans précédents, le Pape a répudié le nouvel ordre européen national-socialiste (…). Son discours n’est rien qu’une longue attaque contre tout ce que nous soutenons (…). Dieu, dit-il, regarde tous les peuples et les races comme dignes de la même considération. Il fait clairement allusion aux Juifs (…). Il se fait lui-même le porte-parole des criminels de guerre juifs ».(fin de citation]
Ce fameux silence de Pie XII par rapport aux horreurs nazis, n’était que la prudente diplomatie d’un pape qui préfère se taire et agir en profondeur !
Car on peut légitimment se demander ce qui se serait déroulé si le Pape avait été encore plus clair à l’égard du Nazisme ? Difficile à dire mais la barbarie nazie ne connaissait pas de limites.
On peut néanmoins se baser sur ce qui se déroula en Hollande où suite à une condamnation encore plus ferme des exactions nazies de la part d’évêques hollandais, les persécutions redoublèrent d’intensité et les nazis déportèrent vers les camps de la mort plusieurs dizaines de milliers de personnes en quelques semaines dont Edith Stein.
N’oublions pas également que le grand rabbin de Rome, Israël Zolli, fut si touché par la charité de Pie XII qu’il décida de se convertir au Catholicisme, et de prendre pour prénom de baptême Eugenio, en hommage à Pie XII.
La vérité historique est donc bien éloignée de tout ce que nous avons pu entendre à ce sujet durant ces dernières années, et même si le Pape ne parvint hélas pas à stopper la folie nazie,
il adopta une attitude responsable qui permit de sauver la vie de plusieurs centaines de milliers de juifs, ce qui le place indiscutablement dans le camp des " justes ."
Même si ce fut un "Juste silencieux" .
Cordialement.