@ Alia d'Arrakis,
Bien sûr que l'incertitude est le propre de l'Homme, je ne pense pas le contraire au fond, mais je n'en tire pas du tout les mêmes conclusions que ceux qui choisissent d'écarter l'éventualité de Dieu.
Et je n'analyse pas cette incertitude comme le fait sommairement l'auteur de l'article posté par Georges.
Et puis, plutôt qu'incertitude, je préfère parler de
doute.
Quant à notre solitude, plutôt que de la percevoir comme
cause première au service de qui nous devrions plier notre dialogue avec l'autre, je la vois comme
conséquence.
En partie par suite de notre
orgueil pour reprendre le lexique chrétien, et puis comme consécutive à un désordre social et affectif.
Tout simplement.
Dans la citation de Krishnamurti, il me semble comprendre qu'il pousse à ne pas lutter contre la solitude qui serait un symptôme de notre pauvreté intérieure. Lui et moi mettons des "maux" derrière cette solitude : lui parle de
pauvreté, et moi
d'orgueil. Dans les deux cas, je vois là comme des jugements de valeurs qui nous rassemblent.
Personnellement et reprenant la tradition chrétienne, j'invite chacun à interroger son propre orgueil (originel), et Krishnamurti appelle à questionner sa pauvreté intérieure.
Mais ce qui différencie peut-être nos deux traditions, c'est que la tradition chrétienne pense nécessaire d'agir sur les causes sociales et affectives qui aggravent ce sentiment d'isolement et d'initier des transformations.
On le lui reproche bien assez.
Je souhaite reprendre deux substantifs à peine abordés dans mon post précédents : la capacité à
l'émerveillement et à
l'émotion, manifestations concrètes du
Désir qui n'est pas pulsion, et dont chacun de nous est doté et que nous éprouvons quotidiennement.
Personnellement, il s'agit là des carburants qui nourrissent ma Foi.
Bien plus que la mort qui représente, c'est vrai, un scandale que nous affrontons effroyablement seuls mais qui reste un point à l'horizon.
Hier, je suis tombé par hasard sur le n° de mars de Sciences et Vie, consacré à l'Univers et j'ai eu le temps de le feuilleter et de rafraîchir quelques savoirs laissés des années derrière.
Et l'émerveillement est revenu à grande vitesse devant les nombres mis en jeu en termes de taille, de distance, d'énergie dépensée, de temps écoulé, et de liens puissants et pourtant encore indéchiffrables entre l'infiniment petit et l'infiniment grand. Et l'émotion a couru au galop pour féliciter cette poussière d'étoile que nous sommes et qui arrive pourtant à se hisser au niveau de cet Infini.
( Mais qu'est-ce que j'apprends ? 96% de ce qui EST dans l'Univers nous est encore inconnu !... Entre nous, et je ne parle pas pour vous, quand on en sait si peu, on reste humble quant à l'affirmation de la non-existence d'un Dieu. Et plus humble encore lorsqu'on sait tout ce qu'on ne sait pas sur le fonctionnement de notre cerveau ! Voilà une petite pique entre amis.)
Je voudrais revenir sur cette capacité à l'émerveillement et à l'émotion qui ne sont pas foncièrement utiles au maintien de la vie humaine sur Terre. Ces deux forces qui nous poussent vers le bonheur m'interpellent intellectuellement car elles sont inutiles, parfois même contre-productives par rapport à la conscience.
Or, elles ont cette faculté à n'être jamais rassasiées par la Connaissance et la Satiété, et je pense qu'il est vain d'essayer de les combattre par un quelconque appel au renoncement à la pensée. (cf Krishnamurti : C’est seulement quand la pensée est totalement immobile que le solitaire peut rejoindre la solitude.) Au contraire, il faut les vivre pleinement, en communion (pas fusion) avec les autres, nous sommes programmés pour ça.
Qu'en dit Krishnamurti ? L'ai-je bien compris ?