Solutions écologiques

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Sandra
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Solutions écologiques

Message non lu par Sandra »

Suffirait-il juste de trouver des solutions technologiques et de les utiliser pour régler tous les problèmes écologiques, sans avoir à toucher à la croissance économique ?



Actuellement, nous ne disposons pas de ces moyens-là et rien ne peut permettre d'affirmer que ce sera le cas bientôt ni même plus tard. A moyen terme, ce serait bien tard. A long terme, ce serait trop tard.

Il ne s'agit pas de prévenir une catastrophe qui pourrait survenir dans le futur ni qui commencerait aujourd'hui.
Les problèmes sont déjà là. Il s'agit de ne plus les amplifier sachant qu'avec l'inertie environnementale, au mieux ceux-ci ne s'accentueront qu'en conséquences de nos erreurs passées au moment où celle-ci cesseront enfin.
Il faut s'adapter et vite. Savoir changer, se remettre en question et surtout en avoir le courage est impératif.

Et peu importe la nomination des moyens pour cela, planification ou tout autre terme qui contrarierait moins certains, du moment de ces moyens soient ceux de la mise en oeuvre de objectifs qui eux ne peuvent être déniés.

Ne nous voilons pas la face en nous berçant d'illusions dans le fait qu'il serait possible de tout changer sans rien changer par des moyens technologiques qui nous seraient accessibles.

Les solutions ne peuvent pas être : La même croissance avec la prise en compte satisfaisante des objectifs !



En effet, dans une économie fondée sur le marché libre et non faussée, chaque entrepreneur décide seul de ses objectifs de production ainsi que des moyens pour les réaliser et tout client décide seul de lui acheter dans les quantités qu'il veut.
C'est dans ces conditions que les jeux du marché déterminent la nature et le volume de chaque production.

Toute limitation significative et efficace ne peut provenir que d'une régulation. Il s'agit donc bien d'une question de modèle économique.

La diminution des quantités de rejet de gaz à effet de serre notamment est un objectif économique ne pouvant se trouver assuré que par une planification.



D'autre part, diminuer ces rejets tout en conservant la croissance économique supposerait une conversion très importante des productions de biens matériels en productions de services ainsi qu'une amélioration considérable des rendements puissance/alimentation des machines.

C'est mathématiquement évidemment envisageable mais concrètement impossible.

Les diminutions des rejets de gaz à effet de serre impliquent non pas le maintien de la consommation d'énergie fossile mais sa nette décroissance, sachant en plus qu'il faille partager la possibilité de produire avec tous les pays du monde dont la Chine et l'Inde.




Une décroissance économique s'impose. C'est un objectif incontournable.
Une planification s'en trouve le moyen.
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Une conception n'a à être tenue pour exacte que parce qu'elle l'est.
LEILA
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Re: Solutions écologiques

Message non lu par LEILA »

Sandra a écrit :Suffirait-il juste de trouver des solutions technologiques et de les utiliser pour régler tous les problèmes écologiques, sans avoir à toucher à la croissance économique ?



Actuellement, nous ne disposons pas de ces moyens-là et rien ne peut permettre d'affirmer que ce sera le cas bientôt ni même plus tard. A moyen terme, ce serait bien tard. A long terme, ce serait trop tard.

Il ne s'agit pas de prévenir une catastrophe qui pourrait survenir dans le futur ni qui commencerait aujourd'hui.
Les problèmes sont déjà là. Il s'agit de ne plus les amplifier sachant qu'avec l'inertie environnementale, au mieux ceux-ci ne s'accentueront qu'en conséquences de nos erreurs passées au moment où celle-ci cesseront enfin.
Il faut s'adapter et vite. Savoir changer, se remettre en question et surtout en avoir le courage est impératif.

Et peu importe la nomination des moyens pour cela, planification ou tout autre terme qui contrarierait moins certains, du moment de ces moyens soient ceux de la mise en oeuvre de objectifs qui eux ne peuvent être déniés.

Ne nous voilons pas la face en nous berçant d'illusions dans le fait qu'il serait possible de tout changer sans rien changer par des moyens technologiques qui nous seraient accessibles.

Les solutions ne peuvent pas être : La même croissance avec la prise en compte satisfaisante des objectifs !



En effet, dans une économie fondée sur le marché libre et non faussée, chaque entrepreneur décide seul de ses objectifs de production ainsi que des moyens pour les réaliser et tout client décide seul de lui acheter dans les quantités qu'il veut.
C'est dans ces conditions que les jeux du marché déterminent la nature et le volume de chaque production.

Toute limitation significative et efficace ne peut provenir que d'une régulation. Il s'agit donc bien d'une question de modèle économique.

La diminution des quantités de rejet de gaz à effet de serre notamment est un objectif économique ne pouvant se trouver assuré que par une planification.




D'autre part, diminuer ces rejets tout en conservant la croissance économique supposerait une conversion très importante des productions de biens matériels en productions de services ainsi qu'une amélioration considérable des rendements puissance/alimentation des machines.

C'est mathématiquement évidemment envisageable mais concrètement impossible.

Les diminutions des rejets de gaz à effet de serre impliquent non pas le maintien de la consommation d'énergie fossile mais sa nette décroissance, sachant en plus qu'il faille partager la possibilité de produire avec tous les pays du monde dont la Chine et l'Inde.




Une décroissance économique s'impose. C'est un objectif incontournable.
Une planification s'en trouve le moyen.
Bonsoir sandra,
Tu es une adepte de la décroissance? cette doctrine monte de plus en plus dans le milieu altermondialiste et c'est une très bonne chose même si parfois les prises de position sont un peu excessives. De toute façon, vive les contre-pouvoirs et la contestation!! mais on est loin des revendications des pays en voie de développement (doux euphémisme) ou des pays émergeants dont la seule inspiration est souvent le modèle productiviste du Nord!!

Leila
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Sandra
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La conférence sur le climat se termine mollement

Etienne Dubuis
Samedi 18 novembre 2006

ENVIRONNEMENT. Aucun signal fort n'est venu de Nairobi malgré des attentes croissantes.

Image
(EPA)



Devant l'évidence du réchauffement climatique, la communauté internationale s'est donné ces dernières années deux objectifs: freiner le phénomène et s'adapter à ses premières manifestations. Conformément au programme fixé par la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique de 1992, la 12e conférence sur le climat, qui s'est tenue ces deux dernières semaines à Nairobi, a tenté de progresser sur ces deux fronts. Avec des fortunes diverses.

Deux mécanismes destinés à soutenir les efforts d'adaptation des pays les plus menacés, le Fonds spécial changements climatiques et le Fonds pour les pays les moins avancés, sont déjà opérationnels. Un troisième, en revanche, le Fonds pour l'adaptation, est en panne. Il dispose d'argent, puisqu'il reçoit 2% du prix des certificats acquis dans divers projets de développement propre. Mais il ne possède toujours pas d'organe de gestion. La conférence de Nairobi a tenté en vain de lui en donner enfin un.

«Les parties se sont mises d'accord sur la manière dont sera géré le fonds et sur ses finalités, mais pas encore sur l'identité de son gestionnaire», a avoué le secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique, Yvo de Boer.

«Cet échec est très décevant, commente Martin Hiller, responsable de la communication sur le changement climatique du WWF International. La conférence de Nairobi a été la première à se dérouler en Afrique subsaharienne, ce qui a conduit à une conscientisation sans précédent des populations de cette partie du monde. Le moment était idéal pour réaliser une avancée en leur faveur. D'autant que le continent noir est l'un des plus affectés par le réchauffement.»

Sur l'autre grand chapitre, la limitation du réchauffement, les discussions ont été laborieuses. Le Protocole de Kyoto, qui représente la partie la plus avancée de ce programme, impose des taux d'émission à un certain nombre de pays industrialisés jusqu'en 2012. Au-delà, rien n'est dit.

Les Etats industrialisés qui ont ratifié le texte se sont accordés sur la nécessité de réduire de 50% les émissions des gaz à effet de serre. Il reste à savoir selon quel calendrier.

Préparer 2012

La question est d'importance. Pour qui veut combattre le réchauffement climatique, il est crucial d'empêcher un vide juridique entre les derniers effets du Protocole de Kyoto et l'entrée en vigueur du texte suivant. Ce qui signifie que les négociations doivent se terminer bien avant 2012 pour permettre aux Etats intéressés de ratifier le document.

«Nous souhaitons qu'un signal fort soit donné en faveur de la continuité», confiait encore vendredi matin José Romero, de la division Affaires internationales de l'Office fédéral de l'environnement. L'Allemagne avait proposé que les négociations sur le futur régime s'ouvrent en 2007 et s'achèvent en 2009. Or les participants ont finalement accepté d'entamer en 2008 seulement la révision du Protocole de Kyoto. Et ils n'ont convenu d'aucune date butoir.

Autre blocage: bien que les pays industrialisés aient répété qu'ils ne parviendraient pas seuls à arrêter le réchauffement, les pays en développement ont continué à refuser l'idée de partager l'effort.

http://www.letemps.ch/template/internat ... cle=194212



De nouveau, la montagne accouche d'une souris.
Une bonne volonté est affichée dans les discours. Le diagnostique est reconnu. Les objectifs sont annoncés. Mais, les moyens ne sont, encore une fois de plus, pas acceptés.

Non seulement les rejets de gaz à effet de serre ne diminuent pas mais ceux-ci augmentent. Et, comme si cela ne suffisait pas, la vitesse de cette augmentation s'accroît elle-même.
Sur ce problème du réchauffement climatique comme sur la grande majorité des questions environnementales, c'est le fiasco.

Pourtant, certains affirment que maintenant ce sujet serait traité sérieusement et qu'ainsi les formations politiques écologistes devraient abandonner leur indépendance pour se vassaliser.
Certes, ce discours hégémoniste se trouve aussi tenu sur toutes les autres thématiques de société. Le monopole devrait régner.
Heureusement, cette voie royale de l'autruche n'a pas encore éliminé les autres solutions candidates.

Plus que jamais, l'environnement réclame les véritables solutions, celles puisant leur utilité dans l'efficacité, celles prônant vis-à-vis des objectifs l'application de leurs moyens.
Mais, pour que les solutions soient entendues, la fédération de tous les participants de bonne volonté doit être réalisée. Et, si vos cris ne trouvent pas seuls leurs échos, n'oubliez pas vos bulletins de vote !
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LEILA
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Message non lu par LEILA »

Sandra a écrit :La conférence sur le climat se termine mollement

Etienne Dubuis
Samedi 18 novembre 2006

ENVIRONNEMENT. Aucun signal fort n'est venu de Nairobi malgré des attentes croissantes.

Image
(EPA)



Devant l'évidence du réchauffement climatique, la communauté internationale s'est donné ces dernières années deux objectifs: freiner le phénomène et s'adapter à ses premières manifestations. Conformément au programme fixé par la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique de 1992, la 12e conférence sur le climat, qui s'est tenue ces deux dernières semaines à Nairobi, a tenté de progresser sur ces deux fronts. Avec des fortunes diverses.

Deux mécanismes destinés à soutenir les efforts d'adaptation des pays les plus menacés, le Fonds spécial changements climatiques et le Fonds pour les pays les moins avancés, sont déjà opérationnels. Un troisième, en revanche, le Fonds pour l'adaptation, est en panne. Il dispose d'argent, puisqu'il reçoit 2% du prix des certificats acquis dans divers projets de développement propre. Mais il ne possède toujours pas d'organe de gestion. La conférence de Nairobi a tenté en vain de lui en donner enfin un.

«Les parties se sont mises d'accord sur la manière dont sera géré le fonds et sur ses finalités, mais pas encore sur l'identité de son gestionnaire», a avoué le secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique, Yvo de Boer.

«Cet échec est très décevant, commente Martin Hiller, responsable de la communication sur le changement climatique du WWF International. La conférence de Nairobi a été la première à se dérouler en Afrique subsaharienne, ce qui a conduit à une conscientisation sans précédent des populations de cette partie du monde. Le moment était idéal pour réaliser une avancée en leur faveur. D'autant que le continent noir est l'un des plus affectés par le réchauffement.»

Sur l'autre grand chapitre, la limitation du réchauffement, les discussions ont été laborieuses. Le Protocole de Kyoto, qui représente la partie la plus avancée de ce programme, impose des taux d'émission à un certain nombre de pays industrialisés jusqu'en 2012. Au-delà, rien n'est dit.

Les Etats industrialisés qui ont ratifié le texte se sont accordés sur la nécessité de réduire de 50% les émissions des gaz à effet de serre. Il reste à savoir selon quel calendrier.

Préparer 2012

La question est d'importance. Pour qui veut combattre le réchauffement climatique, il est crucial d'empêcher un vide juridique entre les derniers effets du Protocole de Kyoto et l'entrée en vigueur du texte suivant. Ce qui signifie que les négociations doivent se terminer bien avant 2012 pour permettre aux Etats intéressés de ratifier le document.

«Nous souhaitons qu'un signal fort soit donné en faveur de la continuité», confiait encore vendredi matin José Romero, de la division Affaires internationales de l'Office fédéral de l'environnement. L'Allemagne avait proposé que les négociations sur le futur régime s'ouvrent en 2007 et s'achèvent en 2009. Or les participants ont finalement accepté d'entamer en 2008 seulement la révision du Protocole de Kyoto. Et ils n'ont convenu d'aucune date butoir.

Autre blocage: bien que les pays industrialisés aient répété qu'ils ne parviendraient pas seuls à arrêter le réchauffement, les pays en développement ont continué à refuser l'idée de partager l'effort.

http://www.letemps.ch/template/internat ... cle=194212



De nouveau, la montagne accouche d'une souris.
Une bonne volonté est affichée dans les discours. Le diagnostique est reconnu. Les objectifs sont annoncés. Mais, les moyens ne sont, encore une fois de plus, pas acceptés.

Non seulement les rejets de gaz à effet de serre ne diminuent pas mais ceux-ci augmentent. Et, comme si cela ne suffisait pas, la vitesse de cette augmentation s'accroît elle-même.
Sur ce problème du réchauffement climatique comme sur la grande majorité des questions environnementales, c'est le fiasco.

Pourtant, certains affirment que maintenant ce sujet serait traité sérieusement et qu'ainsi les formations politiques écologistes devraient abandonner leur indépendance pour se vassaliser.
Certes, ce discours hégémoniste se trouve aussi tenu sur toutes les autres thématiques de société. Le monopole devrait régner.
Heureusement, cette voie royale de l'autruche n'a pas encore éliminé les autres solutions candidates.

Plus que jamais, l'environnement réclame les véritables solutions, celles puisant leur utilité dans l'efficacité, celles prônant vis-à-vis des objectifs l'application de leurs moyens.
Mais, pour que les solutions soient entendues, la fédération de tous les participants de bonne volonté doit être réalisée. Et, si vos cris ne trouvent pas seuls leurs échos, n'oubliez pas vos bulletins de vote !
En parlant de bulletin de vote, voici un article intéressant sur le "champion" de la défense de l'environnement, courtisé par tous.
Bonne lecture,
Leila

Nicolas Hulot, le pacte médiatique
Le lancement du « pacte écologique » de Nicolas Hulot a bénéficié d'un accueil
dythirambique dans les médias. Invité sur France-Inter, à la télévision, en Une du
Figaro et du Monde, l'animateur de télévision est présenté partout comme un grand
défenseur de la cause écologiste. Même Politis, journal qui se veut « alternatif »
face aux médias dominants, titra : « Nicolas Hulot, le croisé de la décroissance ».
Alors que l'ami de J.Chirac s'est toujours dit opposé à ce mouvement.
Face à cette déferlante, il est utile de rappeler quelques faits sur Nicolas Hulot.
Comment gagne-t-il sa vie? Quelles sont ses activités? Qui sont ses amis et soutiens
?, et surtout, quelles sont ses idées ? Bref, pourquoi le télé-écologiste aux
discours inoffensifs et aux actions timides est un parfait « produit médiatique ».

Nicolas Hulot est animateur de télévision, créateur de l'émission « Ushuaïa » depuis
le début des années 1990. Pour ses quatre émissions annuelles, l'homme de télé est
rémunéré la modique somme de 30 000 euros par mois. Il faut ajouter à cela les
droits d'auteur qu'il touche pour ses ouvrages (Le Syndrome du Titanic s'est vendu à
160 000 exemplaires) et un pourcentage sur les ventes des livres et des DVD Ushuaïa.
Mais plus qu'une émission de télé à grande audience, Ushuaïa, c'est un label « 100%
rentable », comme le prouve le journal économique L'Expansion dans une enquête sur
ses produits dérivés :
« TF 1 a cédé en quinze ans la licence d'exploitation à plus d'une quinzaine de
sociétés (L'Oréal pour les cosmétiques, Atol pour la lunetterie, Rhonetex pour les
vêtements, Lexibook pour l'électronique grand public, Quo Vadis pour la
papeterie...) et cautionné ainsi la commercialisation d'une soixantaine de produits
dérivés en France. En jouant, même si la chaîne s'en défend, sur l'identification
Ushuaïa-Nicolas Hulot pour les consommateurs.
TF 1 estime à... 100 millions d'euros le chiffre d'affaires annuel généré par tous
les produits griffés Ushuaïa. »(1)

4x4 Ushuaia
Parmi ses produits dérivés, citons un encens déclaré cancérigène par UFC-Que Choisir
(220 microgrammes de benzène par m3), les gels douches en plastique, et le magazine
appelé... Ushuaïa. (2) Dans ce magazine, que trouvons-nous ? De belles images de
nature, et des reportages poignants sur les bonobos. Entre les deux, des
publicités... pour les produits dérivés Nicolas Hulot : lunettes, gels douches, et
DVD. Dans le premier numéro du magazine, sur les 10 premières pages, 7 sont des
publicités. Les pages 2 et 3 sont une pub pour un véhicule haut de gamme Renault
(Espace). Sur la dernière page - la plus lue après la couverture - figure une
réclame pour un 4 x 4 Volvo vendu environ 50 000 euros : «Volvo XC90, la nature est
si belle que pour la découvrir, il fallait un 4 x 4 aussi beau et respectueux »
Il faut dire que Nicolas Hulot n'a jamais été un grand pourfendeur de l'automobile.
Parmi les produits dérivés de la marque de TF1, il existe en effet le 4 x 4 «
Ushuaïa » Nicolas Hulot, un Peugeot-Partner. Que les transports soient responsables
de la plus grande partie des émissions de gaz à effet de serre importe peu. Cette
voiture est écologique puisque, « l'air conditionné n'est proposé qu'en option, même
sur le modèle Ushuaïa Grand Raid qui coiffe la gamme.» (3)
La question se pose : Nicolas Hulot serait-il instrumentalisé par TF1 ? Laissons
répondre l'intéressé : « TF1 décline des produits dérivés qui permettent à
l'émission de télé d'être financée. Au début, j'ai été surpris par cette stratégie,
mais je m'y suis fait. Cela ne me choque plus du moment que je garde le contrôle du
contenu de l'émission et ma liberté de parole.(...) . Mais il est vrai que je me
demande parfois jusqu'où on peut aller. » (1)

Les sponsors
Mais Nicolas Hulot ne se veut pas un simple animateur de télévision. Il veut «
mettre sa notoriété au service d'une cause d'intérêt général » (4) En 1990, il crée
la Fondation Ushuaïa qui prendre son propre nom cinq ans plus tard. Pour créer cette
structure, forte de plusieurs dizaines de salariés, il faut de l'argent. Les
premiers donateurs sont TF1, L'Oréal et EDF. Mais d'autres entreprises vont
s'associer à Nicolas Hulot et faire un don : les autoroutes du Sud de la France,
Bouygues Telecom, Valorplast, Apple, Décathlon, Énergie Système, ETT, Eurotherm,
Giordano Industries, Grohe, Knauf, Lafarge, Saint-Gobain Isover, Siplast Icopal,
Tetra Pak France, UGAP, Weber et Broutin, Yprema...
Que les entreprises les plus polluantes, celle qui construit les autoroutes où
rouleront toujours plus de voiture, celle qui transforme le pétrole en plastique
jetable, celle qui génère des déchets nucléaires pour des millions d'années, celle
qui bétonne la nature et celle qui vend à Coca-Cola du « temps de cerveau
disponibles » puissent être des donateurs d'une telle fondation... n'est en fait pas
très étonnant.
Dans une échelle des valeurs juste, la charité est seconde derrière la volonté de
justice. La charité ne devrait être là que pour pallier les dysfonctionnements d'une
société humaine par nature imparfaite. Dans la société de consommation, au
contraire, la charité devient première. La charité devient une sorte de « caution
éthique » qui permet de légitimer l'ensemble du système. C'est exactement le rôle
que joue Nicolas Hulot pour le système industriel. Partenaire des multinationales
les plus polluantes (E.Leclerc, Bouygues, Lafarge...), il est la plus efficace façon
pour la «mal-économie » d'éviter toute remise en cause qui ne soit pas seulement
superficielle. Lilianne Bettencourt, troisième fortune de France, héritière de
L'Oréal donne la pièce.
la Fondation Nicolas Hulot (FNH) se cantonne à un voeu : l'« éducation à
l'environnement ». Ses missions sont sobres et peu ambitieuses : « prendre
conscience et faire prendre conscience "qu'il faut donner du sens au progrès", que
le progrès est synonyme de générosité et de solidarité ». Ou encore : « Prendre
conscience et faire prendre conscience que les actes ont des conséquences qu'il faut
évaluer avant leur mise en oeuvre, qu'il faut penser ses actes.»
Rassuré par de tels objectifs, l' afficheur publicitaire JCDecaux applaudit. La
campagne pour la Fondation a été offerte par l'agence de pub CLM BBDO, et affichée
gratuitement par l'entreprise Decaux, histoire de légitimer cette activité
totalement délinquante et parasitaire qu'est la pub.


Défi chez Bouygues
Le groupe ASF s'enorgueillit aussi de collaborer à l'action de la Fondation. On peut
lire sur son site Internet : « Attentif à l'intégration environnementale de ses
autoroutes tout au long de leur concession, le groupe des Autoroutes du Sud de la
France agit pour protéger le cadre de vie des riverains, préserver la diversité et
la richesse naturelle et valoriser les paysages traversés. C'est donc naturellement
qu'il a décidé de soutenir le programme de la Fondation Nicolas Hulot qui vise à
enrayer la perte de la diversité biologique. » .
Au final, Nicolas Hulot fait distribuer 3 millions de son nouveau Petit Livre Vert «
Défi pour la Terre » dans les supermarchés Leclerc, et 100 000 dans les boutiques
Bouygues Telecom, qui vendent des téléphones portables. Les mesures du « Défi pour
la Terre » consistent à expliquer au peuple de fermer l'eau en se lavant les dents
mais surtout de ne pas poser des questions dérangeantes aux multinationales.
Pour le télé-écologiste, il n' y a pas de contradiction. « Quant aux puristes qui
lui reprochent de financer sa fondation avec les dons d'entreprises pas toujours
écologiquement correctes, il rétorque qu'il préfère l'argent privé à l'argent public
et précise qu'il part du principe "que l'on peut faire évoluer les entreprises de
l'intérieur". La preuve : il a été invité à parler de développement durable devant
les cadres du groupe Bouygues. » (6) E. Leclerc est d'accord le dit d'une autre
façon: « C'est vrai, [le développement durable] est un concept à la mode. Tant dans
le monde des entreprises que dans tout débat de société. Et alors ? De tout temps,
les marchands ont su récupérer les bons slogans. » (7)

Pagny, Besson, Miss France
Nicolas Hulot a des amis, beaucoup d'amis, pour le soutenir dans sa démarche. Lors
du lancement de son dernier livre, le Pacte écologique, écrit en réalité par
l'ancien rédacteur en chef du Monde, Jean-Paul Besset, était présent « une brochette
d'amis du show-biz de quoi faire pâlir d'envie un Nicolas Sarkozy» (8) : Corinne
Lepage, le patron de Véolia environnement Henri Proglio (aussi membre du groupe
d'armement Thalés), Julien Clerc, Luc Besson, Mathieu Kassovitz et « revenu de
Patagonie, Florent Pagny en tenue kaki d'explorateur ». Nous gardons la « liberté de
penser » que cette aéropage n'est pas le plus crédible pour parler d'écologie et de
social.
Sylvie Tellier, Miss France 2002, a elle aussi signé le « Défi pour la terre » :
elle « choisit des appareils économes en énergie », « préfère les produits
respectueux de l'environnement », « utilise moins la voiture pour aller travailler
», « conduise souplement et moins vite ». (9)
Un autre ami de Nicolas Hulot est Yves Paccalet, auteur d'un opus nauséabond au
titre évocateur : L'humanité disparaîtra, Bon débarras ! (10), largement applaudi
par els journalistes, qui n'ont certainement pas pris le temps de lire le livre.
L'humanité y est décrite comme une « tumeur » « affreuse, bête et méchante », un «
cancer » qui se développerait avec pour moteur la « pulsion sexuelle ». « Elle nous
incite à nous multiplier comme le font aussi les poux, les cafards, les rats... »,
écrit ce grand humaniste, invité, entre autres, sur Ushuaïa TV (11).

Idées pâles
Pour Jean-Paul Besset, principal rédacteur des livres publiés sous le nom de Nicolas
Hulot, celui-ci est « un homme libre ». Le doute sur son éventuel candidature est
savamment maintenue. « Comme grand témoin, il se faisait balader. C'est pourquoi il
a décidé de passer à un autre stade, de devenir acteur en s'engageant dans la
bataille politique à l'occasion de l'élection présidentielle ». (12)
Celui qui a refusé plusieurs reprises un poste de ministre de l'Environnement se
lancerait-il enfin en politique ? Dans cette optique, le « pacte écologique » lancé
aux candidats à la présidentielle devrait donner la teneur d'un programme écologique
ambitieux. Or, son maigre contenu ne peut que frapper un observateur attentif. Homme
de communication, Nicolas Hulot lance « 10 objectifs » et « 5 propositions », mais
ceux-ci sont très imprécis. Concernant l'agriculture, il s'agit de « concilier la
production agricole avec le respect de l'environnement ». Le mot « biologique »
n'est pas prononcé. Sur la santé, il faut engager une « politique de prévention »
envers les pesticides et les OGM. Les mots « réduction » ou « interdiction » est
honnis. À peine apparaît timidement le mot « taxe » sur les carbones, qui est la
seule proposition forte, dont s'emparent les journalistes. Les deux dernières
propositions quittent le terrain de l'écologie pour plaider en faveur de la «
démocratie participative » et de l' « éducation à l'environnement ». De même, sur
le site Internet du Pacte écologique, on cherchera vainement « le quart de la
moitié du commencement » d'un programme politique.
D'où vient alors que Nicolas Hulot bénéficie de l'image d'un homme courageux, qui
demande des mesures fortes ? Politis a même décrit Nicolas Hulot comme un « croisé
de la décroissance » dans on édition du 9 novembre, alors que l'animateur a dit
lui-même : « Je ne crois pas à la décroissance économique. (...) Progressivement, il
est possible de créer de nouvelles filières sans toucher à la croissance. » « Il
faut se développer autrement et non cesser de le faire » (13) En cela, il est fidèle
à une des missions de sa Fondation : « Prendre conscience et faire prendre
conscience que les engagements écologiques, sociaux et économiques doivent êtres
conjoints. Qu'ils représentent un investissement positif sur le long terme ».
Cette position conciliante envers la logique du marché explique son ambiguïté sur la
question nucléaire, « Il ne faut pas fermer la porte à une éventuelle quatrième
génération de centrales. », a-t-il déclaré dans Le Monde (14). Rappelons que le logo
d'EDF est sur la première page du site de la FNH, et l'entreprise honorée comme un «
partenaire fondateur ».

« Il n'attaque pas... »
Faire de la politique, proposer des lois, mettre des limites à l'appétit des
multinationales ou des consommateurs est un langage étranger à l'animateur de TF1.
Ancien photographe du Paris-Dakar reconverti dans l'édition de luxe, Yann
Arthus-Bertrand fait partie du réseau Hulot. Il résume l'attitude politique du clan
Hulot: « Ce qu'il me plaît, c'est qu'il n'attaque pas. Moi qui ai toujours voté pour
les Verts, cette fois-ci je ne voterai pas pour eux. Par leur idéologie
antilibérale, antinucléaire, ils ont tout gâché »
« Il n'attaque pas », il ne fait pas de politique. Le journaliste du Figaro note que
« le philosophe Pierre-André Taguieff (...) applaudit lui aussi la démarche
"dépolitisée" de Hulot : "Il ne répond pas seulement à un mouvement d'opinion, mais
à un phénomène moral. La prise de conscience écologique, c'est aussi un retour du
sacré, et la fin d'un appauvrissement spirituel" ».(8) Tout est dit : l'écologie
reste dans une dimension morale, donc hors de la sphère d'action politique. Le tout
est non de légiférer , mais de suivre la voie Hulot : « prendre conscience et faire
prendre conscience »... Les capitalistes en rigolent encore.
Tout cela fait un bon produit médiatique, pas dérangeant, qui emporte
l'enthousiasme. Hulot sait parler vrai, c'est un bon client, et les journalistes
sont en terrain connu : ils s'interviewent entre confrères. Télérama a ainsi
consacré huit pages de son numéro du 5 février 2005, dont sa couverture, à
l'animateur de télévision Nicolas Hulot. « Châtain. Coupe de cheveux à rendre fou un
coiffeur. Un tatouage sur l'épaule, une queue de baleine en pendentif [...] L'oeil
gauche cligne parfois comme une aile d'oiseau mouche. »
Le 8 novembre, Nicolas Hulot a droit à une pleine page dans le Figaro. « Loin de
prôner une "décroissance" appelée des voeux par certains», le héraut de l'écologie
entend plutôt "redonner du sens au progrès". "C'est pragmatique et pas dogmatique",
lance l'intéressé». Est-ce pour cela qu'il plaît au quotidien détenu par Serge
Dassault, fabricant d'armes, lui aussi pas dogmatique dans le choix de ses clients ?

conclusion
Nicolas Hulot ne sert pas la cause écologique. Par les mesurettes qu'il propose et
ses accointances avec les entreprises françaises les plus polluantes, il contribue à
faire passer l'idée que la capitalisme et le profit sont conciliables avec un
environnement préservé.
Nicolas Hulot permet aux entreprises destructrices de se donner bonne conscience en
finançant des programmes d'éducation à l'environnement.
Nicolas Hulot ne parle jamais de la question sociale, celle qui fait que les
premières victimes des pollutions (visuelles, sonores, aérienne) seront aussi les
catégories les plus pauvres.
Nicolas Hulot participe au recul du politique dont nous aurions tant besoin pour
apporter des solutions au drame écologique, mais aussi social et culturel dont notre
planète souffre.

Sophie Divry pour decroissance.org

1- L'Expansion, 25-05-2005, "Ushuaïa, le label Hulot certifié 100 % rentable"
2- Juridiquement, la commission paritaire des publications et des agences de presse
(CPPAP) a d'ailleurs refusé de considérer ce magazine comme un produit
d'information. Ushuaia magazine n'a donc pas eu de « numéro de CPPAP » et n'est
commercialisé dans les kiosques qu'en tant qu'un des multiples produits
publicitaires dérivés de l'émission homonyme. (CBNews, 31-10-2005).
3 - Ouest-France, 30-01-2003.
4 - citations extraites du site de la FNH
5 - Groupe ASF (Autoroutes du Sud de la France), avril 2005.
6 - Nicolas Hulot, « L'écolo cathodique », Le Figaro, 18-09-2006
7 - Michel-Edouard Leclerc, Le Nouvel économiste, 26 mars 2004.
8 - Le Figaro, 8-11-2006.
9 - http://www.defipourlaterre.org/ambassadeurs
10 - L'humanité disparaîtra, Bon débarras ! Editions Arthaud, 2006.voir aussi ici
11 - Ushuaia TV 7-4-2006.
12 - Politis, 9-11-2006
13 - TV magazine, 25-9-2005 et Colloque Devenir, octobre 2003.
14 -- Le Monde, 7-11-2006.
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