Bonsoir,
Je vous laisse découvrir cette initiative très intéressante, à moins que vous ne la connaissiez déjà.
Leila
Fondation de l'association psychanalytique « Diwan occidental-oriental ».
La première séance du séminaire « Pourquoi la guerre ? » qu¹elle organise aura lieu le mardi 19 décembre 2006 (de 20h45 à 23h précises), à la Maison de L¹Europe, 35, rue des Francs-Bourgeois, 75004 Paris (cf. programme ci-dessous).
Le Diwan occidental oriental
« Celui qui se connaît lui-même et les autres reconnaîtra aussi ceci :
L¹Orient et l¹Occident ne peuvent plus être séparés. »
Goethe, le Divan occidental-oriental, 1819.
L¹initiative de créer le Diwan occidental-oriental trouve son envoi dans le désir de contribuer à la transmission de la psychanalyse dans le monde arabe. Elle intervient au moment où cette transmission commence à devenir effective à travers la constitution de sociétés et la formation de groupes dans plusieurs pays de cette région, en dépit de la crise très grave qu’elle vit. En tant que psychanalystes vivant et travaillant en France, il nous a semblé que cette émergence nous concernait à plus d¹un titre, et qu¹elle ouvrait un horizon qui appelle notre responsabilité sur le plan politique, éthique et psychanalytique.
La réunion du 29 avril 2006 a tenté d¹examiner de quelle manière il était envisageable de répondre de cet appel et d¹interroger les conditions de possibilités d¹une mise en oeuvre qui tienne compte du contexte actuel et des surdéterminations historiques et idéologiques qui marquent les rapports entre l¹Europe et l¹Orient.
Si la création en France d¹un lieu de travail et de soutien autour de la question de la transmission de la psychanalyse dans le monde arabe représente un enjeu certain, les débats ont montré qu¹une telle perspective ne saurait se réduire à une rencontre juxtaposant « la chose arabe » et « la cause psychanalytique » sous le mode de l¹exportation néocoloniale, mais qu’elle nous place au coeur des problèmes les plus cruciaux qui marquent la civilisation contemporaine, auxquels la psychanalyse est appelée à se porter d’une manière qui concerne son propre avenir.
En effet, le franchissement d¹une nouvelle frontière géoculturelle, pour la psychanalyse, ne peut se complaire dans la mission d¹apporter la bonne nouvelle, ni se laisser confondre avec le mouvement d’occidentalisation du monde et de standardisation du semblable, dans l¹exacte mesure où les discours et les actes hégémoniques qui soutiennent de telles visées sont les mêmes qui rétrécissent l’espace de la psychanalyse dans les lieux de son implantation historique.
Dès lors, notre initiative ne va pas sans affirmer ces exigences :
Celle de l¹exposition à l¹altérité, où le discours psychanalytique refuse les modes d¹objectivation et de transparence de l¹autre, destiné à le convertir à la Weltanschauung de l’époque. Il récuse la conception industrielle de la culture et soutient un rapport d¹éclairement de la civilisation à travers la diversité de ses lieux-dits et l¹universalité du crédit fait à la parole. Il ne saurait donc prendre parti dans le conflit radical sur la légitimité et la vérité qui opposent les références ancestrales déguisées. La méconnaissance de la dette des cultures, les unes vis-à-vis des autres, est le pourvoyeur du « choc des civilisations », qui n’est que le choc des ignorances. À ce compte, les repères de l¹expérience, de la méthode et de la théorie psychanalytiques acceptent l¹épreuve des langues et des différents montages symboliques. La théorie structurale de l¹Autre ne va pas sans l¹exploration de la diversité de ses figures historiques et anthropologiques, seul accès possible aux significations sociales inconscientes.
Celle du caractère subversif de l’inconscient, dans la mesure où il remet en question des notions comme l¹autorité, la croyance, l¹idéalisation, l’identification, la place de la religion dans l¹existence humaine, et que cette vertu subversive est valide partout, aussi bien en Occident qu¹en Orient. Aussi, la démarche psychanalytique se doit-elle de chercher des convergences avec ce qui au présent et au passé des cultures maintient vivant le désir d¹émancipation autour de la dimension de l¹insu et du noyau humain qui ne se laisse pas circonvenir par les savoirs et les pouvoirs de la conscience, par la maîtrise cognitive.
Celle de l¹extension de la psychanalyse qui n¹est pas dissociable d¹une relance de la psychanalyse en extension, aux fronts les plus brûlants du remaniement actuel de la relation d¹identité/altérité. Il y a longtemps que l¹Occident et l¹Orient ne sont plus des notions géographiques. Ce qu’on appelle « mondialisation » aujourd’hui n’est que la dernière phase accélérée d¹un processus fort ancien qui, en transposant la modernité sur l¹ensemble de la planète, a fait naître des modernités bouleversant les systèmes généalogiques, les logiques de la représentation et de l¹image et, par conséquent, a disloqué les fictions qui gouvernaient les rapports à l¹espèce, aux genres, aux sexes, aux confessions. La diffusion du concept d¹État et de ses appareils a produit une homogénéisation du politique sans pareil, en concordance avec les découpages technoscientifiques et économiques de l¹organisation humaine. C¹est sur les ruines du futur que se déclarent partout les passions et les guerres de l¹identité sous toutes ses formes. Le marché de la souffrance spirituelle est à ce titre globalisé.
Celle d¹une démarche qui met en devenir les questions cruciales pour la psychanalyse, sur le plan de la formation, de la pratique et de l’aboration théorique plurielle.
La création d¹un lieu de pensée en référence à l¹oeuvre de Goethe qui se fit poétiquement Andalou pour éprouver, à la fois, le décentrement et la solidarité des cultures, nous paraît désigner symboliquement une tâche pour la psychanalyse, dont la transmission ne peut se limiter à celle d¹un héritage, mais ouvrir à l¹accompagnement d¹un retournement du monde, dans ses effets incalculables sur le sujet de l¹inconscient.
Paris, le 30 septembre 2006.
Le Diwan occidental-oriental
association psychanalytique
Le Diwan occidental-oriental est une association 1901 (en cours de déclaration), créée par l¹assemblée constituante du 30 septembre 2006, pour une période de deux ans renouvelable si ses membres le décident, à l¹issue de cette période.
L¹article 2 de ses statuts définit son but ainsi : « Le but du Diwan occidental-oriental est de participer à la transmission de la psychanalyse dans le monde arabe à travers son hétérogénéité, de stimuler la recherche psychanalytique sur les problèmes relatifs à la civilisation contemporaine, et du sujet de l¹inconscient dans ses rapports au politique et à l’histoire, dans le contexte de la mondialisation. »
Activités : pour le moment sont engagés :
- La mise en place d¹un séminaire de l¹association dont le thème sera : «Pourquoi la guerre ? » Ce séminaire aura lieu à Paris, ainsi que dans
d¹autres villes en France, là où les membres de Diwan souhaitent l’organiser.
- Un colloque viendra ponctuer le travail du séminaire dans deux ans.
- La mise en place des disputationes du Diwan : ce sont des rencontres de travail avec des auteurs, à partir de la lecture d¹un texte, d¹un article ou d’un livre.
- Tous les membres de l¹association peuvent proposer des groupes de travail, pour autant que leur objet corresponde au but de l¹association, en informant préalablement le bureau.
Le Diwan occidental oriental
Séminaire ³Pourquoi la guerre ?²
En reprenant le titre sous lequel a été publié, en 1932, l¹échange de lettres entre Einstein et Freud, le Diwan occidental oriental souhaite, pour son premier séminaire, relancer le projet d¹une psychanalyse en extension, en se portant vers ce qui constitue, dans les actes et dans les discours, les violences actuelles entre groupes, peuples, religions, civilisations.
Si certaines violences sont héritières d¹une longue généalogie, les remaniements contemporains dans la relation d¹identité/altérité, dans les processus économiques, dans les procédés techniques, nous obligent à tenir une interrogation aussi bien sur leurs résurgences que sur leurs émergences, afin d¹ouvrir de nouvelles pistes de réflexion. Par exemple, ne faudrait-il pas différencier les guerres que l¹État-nation engendre de celles que l¹affaiblissement de l¹État entraîne du fait de la nouvelle phase de mondialisation, à travers la circulation universelle de l¹objet marchand qui ne connaît ni frontières ni limites ? La visée d¹une homogénéisation des objets pour homogénéiser les hommes n¹implique-t-elle pas de nouvelles formes de destructivité ? Ainsi, dans l¹état actuel de déstabilisation du monde, des idées, des valeurs, des fonctionnements établis ou reçus, l¹une des tâches de la psychanalyse est de contribuer au travail nécessaire d¹éclairement de la culture.
Mardi 19 décembre 2006 : Georges Zimra
La horde, la foule, l¹Etat, la guerre.
Mardi 16 janvier 2007 : Fethi Benslama
Guerre et identité.
Mardi 13 février 2007 : Nazir Hamad
La guerre comme une non-reconnaissance de la dette symbolique.
Mardi 20 mars 2007 : Alice Cherki
Guerres sans nom.
Mardi 15 mai 2007 : Oliver Douville
Enfants dans la guerre.
Mardi 19 juin 2007 : Ghislaine Glasson Deschaumes
À partir du film « Les femmes des douze frontières », de Claudine Boris (co-produit par ARTE, Transeuropéenne, Les films d¹ici).
Le séminaire est ouvert. Il a lieu à :
La Maison de L¹Europe,
35, rue des Francs-Bourgeois, 75004 Paris
(de 20 h 45 à 23 h précises).
Diwan occidental-oriental
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LEILA
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