Petit à petit, Mohamed VI fait son nid!

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phax
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Petit à petit, Mohamed VI fait son nid!

Message non lu par phax »

Salam tout le monde!

Bonnes nouvelles pour le maroc!

merci telquel! http://www.telquel-online.com/303/maroc1_303.shtml

A noter que l'équivalent de l'hebdomadaire francophone telquel mais en arabe: nishan, a été censuré car il a publié des blagues sur la religion.... tout n'est pas si rose quand mème...
Religion. La fatwa joker

La Fatwa concernant Al Masalih
Al Moursala donnera plus de
liberté aux oulémas dans
l’interprétation des textes.
(TNIOUNI / NICHANE)


Les oulémas ont émis une fatwa qui place l’intérêt de l’Etat au-dessus de toute considération religieuse. Mais cet ijtihad est loin d’être la révolution réformiste que l’on attendait. Explications.


Dans la grande villa de Hay Ryad à Rabat, qui abrite le siège du Conseil supérieur des oulémas, un groupe de muftis planche, depuis plusieurs mois, sur un projet pour le moins spécial. Loin des regards, ils s’emploient à dresser l’inventaire des divers problèmes d’actualité requérant un avis religieux. Objectif : faire prévaloir la raison, et
“l’intérêt de la nation”, dans toute question d’ordre social ou économique. Mais cet ijtihad, aux allures de révolution, se plie à une restriction fondamentale : les muftis ne pourront pas s’attaquer aux sujets sur lesquels le Coran et la Sunna ont formellement statué. Ainsi, des règles comme l’interdiction de la consommation de boissons alcoolisées, le caractère illicite des crédits bancaires avec intérêts ou le maintien de la peine de mort, ne sont pas susceptibles d’être révisées, pour la simple raison que le Coran, “source suprême en matière de législation religieuse, a clairement tranché à leur sujet”, nous explique-t-on.

“Notre mission n’est pas d’avaliser le haram ou d’interdire le halal. Nous établissons un cadre général pour aider l’Etat à prendre des décisions dans les questions d’intérêt public”, explique Mohamed Ycef, secrétaire général du Conseil supérieur des oulémas.

Au-delà de tout halal ou haram
La montagne a-t-elle finalement accouché d’une souris ? Pas exactement. Connu sous le nom de “Al Massalih Al Moursala”, ce nouveau concept d’ijtihad, puisé dans le rite malékite, a été présenté au roi il y a déjà un an. Mais il est passé pratiquement inaperçu, ce qui est dommage pour sa portée moderniste.

Les 15 membres du Comité de l’iftae avaient formulé une fatwa spécifique, donnant au chef de l’Etat la prérogative de privilégier l’intérêt général sur toute autre considération religieuse…tant qu’aucune disposition formelle n’est présente dans le Coran ou la Sunna. Mine de rien, dans un contexte de radicalisation, cette option instaure une plus grande ouverture de l’exercice religieux. Elle donne aux théologiens une plus grande liberté en matière d’interprétation. “En réalité, la délimitation du haram et du halal est très simple”, tempère Brahim Asbane, professeur de sciences religieuses à l’Université de Casablanca. “Le cercle des interdictions est très restreint et il est clair. Au-delà, tout, absolument tout, peut être discuté”, continue notre source. Pour ce réformiste, l’un des premiers formateurs de la nouvelle vague des imams et des morchidate, “l’origine de toute chose est d’abord la permission”. Exemple : la musique, que beaucoup de fqihs s’empressent d’interdire au nom de la “sauvegarde des mœurs”. Alors que, comme le confirme notre source, rien dans le Coran ne mentionne une quelconque interdiction. “Le premier avant-age de ce genre d’ijtihad est de donner son importance à la raison. Tout ce que cette dernière accepte est incontestablement bon pour l’humanité”, poursuit le professeur. “Plus qu’une marque d’ouverture religieuse, la fatwa concernant Al Massalih Al Moursala a d’abord une portée politique. En principe, l’ijtihad ne peut se faire en présence d’un avis religieux tranché, mais le contexte actuel a imposé un nouveau mode de vie qui n’est pas tout le temps en adéquation avec le contenu des textes”, plaide pour sa part, lucide, le chercheur Mohamed Darif.

Un “compromis” pour le crédit logement
Le cas des crédits logement est un exemple éloquent à cet égard. Cela fait un an que les oulémas du royaume reportent l’examen de cette question. Motif : le Coran a formellement interdit l’usure. Suivant le raisonnement des théologiens, tout ijtihad est dès lors rendu impossible. Pourtant, ce qui se prépare au sein de la Commission de l’iftae est tout autre. “En Islam, il existe une règle qui permet au musulman de commettre le haram sous la contrainte”, argumente Mohamed Ycef. Les muftis du royaume s’acheminent visiblement vers un compromis, en stipulant qu’un musulman en situation d’indigence, qui cherche à acquérir un logement, peut contracter un crédit… parce qu’il n’a pas le choix. “De toute manière, nous ne pouvons pas, du jour au lendemain, remettre en question l’ensemble du système économique du pays”, justifie un membre du Conseil. Pour autant, le geste n’est pas aussi progressiste qu’on pourrait le penser : il ne porte pas sur tous les crédits bancaires, mais uniquement sur le volet logement. Et même à ce niveau, les muftis ont assuré leurs arrières, en appelant à la mise en place de produits bancaires dits islamiques, conformément aux préceptes coraniques. D’ailleurs, Bank Al-Maghrib n’aurait décidé d’autoriser la commercialisation des “produits alternatifs” (appellation officielle des produits islamiques) qu’après une réunion tenue au sein du Conseil des oulémas sur les crédits logement. Du coup, quand la fatwa sur ces crédits sera annoncée, probablement au printemps prochain, les produits islamiques de prêts immobiliers seront déjà en place.

Abolir la peine de mort ? Mmm…
Mais si le cas des crédits logement sera bientôt débloqué, d’autres questions, plus sensibles, restent en suspens. C’est notamment le cas du commerce et de la consommation d’alcools, et celui de l’abolition de la peine de mort. La plupart des oulémas contactés admettent qu’il sera “très difficile” de se prononcer sur ces points, en présence d’un texte coranique formel.

“La consommation d’alcool est interdite par le Coran. Nous n’allons quand même pas l’autoriser parce qu’elle recèle un intérêt économique”, tranche Mustapha Benhamza, membre du Comité de l’iftae. Même quand c’est l’Etat qui distribue les licences pour les débits d’alcool ? “Notre message s’adresse à la Oumma dans sa globalité. En plus, de nombreux Etats combattent aujourd’hui la consommation d’alcool”, répond, évasif, Benhamza. Idem pour l’abolition de la peine de mort. “Les versets du Coran sont clairs sur ce point : il faut tuer celui qui a tué. Par conséquent, toute tentative d’ijtihad dans ce domaine devient impossible”, lâche le alem en chef, Mohamed Ycef. Aïe, les abolitionnistes n’auront pas la partie facile.





Analyse. Oulémas, bougez-vous !

Ksar El Kébir, fête des vignes à Meknès… alors que la société marocaine bouillonne, les oulémas ont préféré faire profil bas, s’enfermant dans un silence assourdissant. “Nous ne voulons pas intervenir sur des questions qui risquent d’envenimer la situation à l’échelle nationale. Nous préférons qu’on nous traite d’incapables plutôt que de nourrir la fitna dans la société”, justifie un membre du Conseil des oulémas. “Les oulémas marocains ont toujours été critiqués pour leur léthargie. Ce qui les sauve, peut-être, c’est qu’ils ne sont réellement acculés à se prononcer que lorsqu’ils sont sollicités par le roi, ou alors par un département public”, contrebalance, pour sa part, le chercheur Mohamed Darif. En dehors de ce parapluie institutionnel, donc, il n’y a point d’ijtihad ! Nos élites religieuses se recroquevillent sur elles-mêmes, laissant le champ libre aux intégristes de tout poil pour véhiculer, parfois, les croyances les plus erronées (et les plus dangereuses, surtout). Prenons par exemple les festivals et les projets touristiques : ils sont indiscutablement inscrits dans une volonté publique, et relèvent donc de la politique de l’Etat. Pourtant, aucun alem, même parmi les plus réformistes, n’a eu le courage de faire prévaloir “l’intérêt de l’Etat” pour dénoncer publiquement la chasse aux impies régulièrement orchestrées par les journaux islamistes ou les minbars de la haine. Paradoxal, non ?
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mira
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Re : Petit à petit, Mohamed VI fait son nid!

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phax, merci de nous tenir au courant comme ca et moi je te suis doublement reconnaissante puisqu'il s'agit de mon pays.

Honnetement , je ne vois pas trop l'interet de cette mesure.

Prenons les credits par exemple: c'est peut etre haram mais personne n'ait puni pour toucher ou payer des intérêts...on est libre de respecter l'interdiction islamique ou pas , il n'ya aucune intervention de l'Etat et aucune sanction si ce n'est qu'on va peut être (tout le monde n'est pas d'accord) en baver dans l"'au delà. Mais tu sais ça aurait pu être certain, ca reste le genre de menace qui ne rebute pas nos Marocains. Je suppose que tu le sais déjà.

Pour l'alcool, c'est peut etre haram mais ca n'empêche pas tous les supermarches du pays (en tout cas à Rabat) de le vendre publiquement.

Tout le monde a eu le loisir de voir ces marocains qui se bousulent à la caisse reservée à l'achat des spiritueux pour sortir ensuite avec le produit honni dans un sac plastique noir..

Personne n'a jamais été arrêté pour ca..la seule vraie pression qui s'exerce , c'est la pression sociale..on se cache non pas par crainte de représailles mais par peur de choquer les "bonnes ames"..

Tiens je vais te raconter une scène que je n'oublierai jamais.

C'etait à l'occasion d'une soirée dans un hôtel qui nous a été offerte par notre ecole le jour où nous avions obtenus nos diplomes.

Nous etions dans un grand jardin assis par groupe à des tables , écoutant sagement la musique de l'orchestre.

Tout d'un coup un monsieur se lève prend le micro et décrète que la soirée etait trop calme à son gout.
Monsieur qui est un homme d'affaires marocain se désolé de voir la jeunesse en berne et pour la secouer a décidé de nous offrir des bacs entiers de bière! C'etait la déclaration de mopnsieur qui sur le coup m'a laissée comme deux rond de flans parce que moi j'ai toujours cru qu'on était musulmans...

Immédiatement après , les serveurs sont allés chercher le précieux cadeau pour le déposer en plein milieu du jardin à la disposition de tous!

Et quelle a été ma stupéfaction de voir mes camarades garcons se ruer sur les caisses , pour prendre autant de bouteilles qu'ils pouvaient. Certains sont partis avec 6bouteilles de bière!

Bientot on a eu droit à des jeunes et des moins jeunes complètement ivres et je peux te dire que la fiesta y a beaucoup gagné en animation.

Moi j'etais partagé entre l'etonnement et l'amusement et je n'oublierai jamais les scènes que j'ai vu qui m'ont fait pleurer de rire..

Je ne savais pas que le ridicule pouvait etre poussés à ce point..

Je n'oublierai jamais ces vieux , qui toute contenance perdue, venaient se poser devant mes copines pour leur chanter des sérénades qu'elles n'auront probablement jamais l'occasion d'entendre de toute leur vie..

Tout simplement inoubliable et je n'etais pas la seule à etre pliée de rire...


Bref tout ca pour te dire, que l'alcool n'est pas du tout sanctionné au Maroc et ces oulemas le savent très bien. En somme c'est de l'hypocrisie pure et simple.

Idem pour les intérets ..alors là on ne s'en cache même pas.;c'est entré dans les moeurs depuis toujours..et ca n'offusque personne .

Mira
phax
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Re: Re : Petit à petit, Mohamed VI fait son nid!

Message non lu par phax »

phax, merci de nous tenir au courant comme ca et moi je te suis doublement reconnaissante puisqu'il s'agit de mon pays.
vive le maroc!
Honnetement , je ne vois pas trop l'interet de cette mesure.
je pense que l'intéret énorme, du moins dans la forme, c'est de privilégier les intérèts de la nation sur la religion. Concrètement cela va permettre une interpretation marocaine indépendante des textes dans le but d'appuyer les objectifs du pouvoir, qui en l'occurance son plutots libéraux que conservateurs. Cela c'est déjà passé un peu avec la nouvelle Moudawana, quoi que les islamistes est dit après coup. (la moudawana est un nouveaucode de la famille qui a donné bien plus de droits égalitaires aux femmes qu'elles n'en avaient auparavant, au début les politiques islamistes (PJD) criaient au scandal, et comme le peuple à apprécié la loi, ensuite il on dit qu'ils étaient d'accord depuis le début)
Cependant ce fu possible car le roi avait "consulté" l'avis des oulémas sur l'islamiquement correct de cette loi.

Autant dire que le roi pourra faire interprèter à sa guise les textes pour faire passer les lois qu'il veut :D et c'est tant mieux car il à déjà fait bcp de bien au maroc!
Prenons les credits par exemple: c'est peut etre haram mais personne n'ait puni pour toucher ou payer des intérêts...on est libre de respecter l'interdiction islamique ou pas , il n'ya aucune intervention de l'Etat et aucune sanction si ce n'est qu'on va peut être (tout le monde n'est pas d'accord) en baver dans l"'au delà. Mais tu sais ça aurait pu être certain, ca reste le genre de menace qui ne rebute pas nos Marocains. Je suppose que tu le sais déjà.

Pour l'alcool, c'est peut etre haram mais ca n'empêche pas tous les supermarches du pays (en tout cas à Rabat) de le vendre publiquement.

Tout le monde a eu le loisir de voir ces marocains qui se bousulent à la caisse reservée à l'achat des spiritueux pour sortir ensuite avec le produit honni dans un sac plastique noir..

Personne n'a jamais été arrêté pour ca.
effectivement. Mais il y a une différence entre pouvoir le faire car la loi n'est pas appliquée et l'autorisation pure et simple.

les moeurs sont juridiquement très controlées au maroc par des lois moyenageuses qui sont quand mème appliquées dans bcp de cas.

prison pour rapports hors mariage
certificat de virginité
pas de contact physique ds la rue
normalement un homme et une femme non mariés et non collègues de travail n'ont pas le droit d'ètre ensemble dans un lieu fermé mème une voiture!!!

Autant dire qu'a 5 heure de l'après midi a casablanca y'a pas de problème!

mais il faut pas tomber sur le mauvais flic quand la nuit tombe si on se promène en couple...sauf si on à 5 ou 10 euro à perdre...la loi est du coté du flic!

tout n'est pas appliqué tout le temps et heureusement! N'empèche que la loi existe....
les licences pour la vente d'alchool sont accordées à des étrangers (au moins sur le papier :P ), et des gens vont en prison pour mauvaises moeurs!!!

troi mois dans les prisons marocaines pour avoir aimer avant le mariage....ça fait rèver...
.la seule vraie pression qui s'exerce , c'est la pression sociale..on se cache non pas par crainte de représailles mais par peur de choquer les "bonnes ames"..
C'est exact, mais pas que pour ça non plus, mème si la repression ne s'applique pas à chaque fois, tu as toujours le marteau au desus de ta tète, tombera?tombera pas?
Tiens je vais te raconter une scène que je n'oublierai jamais.

C'etait à l'occasion d'une soirée dans un hôtel qui nous a été offerte par notre ecole le jour où nous avions obtenus nos diplomes.

Nous etions dans un grand jardin assis par groupe à des tables , écoutant sagement la musique de l'orchestre.

Tout d'un coup un monsieur se lève prend le micro et décrète que la soirée etait trop calme à son gout.
Monsieur qui est un homme d'affaires marocain se désolé de voir la jeunesse en berne et pour la secouer a décidé de nous offrir des bacs entiers de bière! C'etait la déclaration de mopnsieur qui sur le coup m'a laissée comme deux rond de flans parce que moi j'ai toujours cru qu'on était musulmans...

Immédiatement après , les serveurs sont allés chercher le précieux cadeau pour le déposer en plein milieu du jardin à la disposition de tous!

Et quelle a été ma stupéfaction de voir mes camarades garcons se ruer sur les caisses , pour prendre autant de bouteilles qu'ils pouvaient. Certains sont partis avec 6bouteilles de bière!

Bientot on a eu droit à des jeunes et des moins jeunes complètement ivres et je peux te dire que la fiesta y a beaucoup gagné en animation.

Moi j'etais partagé entre l'etonnement et l'amusement et je n'oublierai jamais les scènes que j'ai vu qui m'ont fait pleurer de rire..

Je ne savais pas que le ridicule pouvait etre poussés à ce point..

Je n'oublierai jamais ces vieux , qui toute contenance perdue, venaient se poser devant mes copines pour leur chanter des sérénades qu'elles n'auront probablement jamais l'occasion d'entendre de toute leur vie..

Tout simplement inoubliable et je n'etais pas la seule à etre pliée de rire...
merci pour l'histoire cela me rappel de bon souvenir! ahhh le maroc 8)
Bref tout ca pour te dire, que l'alcool n'est pas du tout sanctionné au Maroc et ces oulemas le savent très bien. En somme c'est de l'hypocrisie pure et simple.
Biensur c'est hypocrite!toute la société marocaine l'est pour les sujets tabous!
mais les oulémas savent très bien qu'ils sont payés par le roi et tout ceci n'est qu'une façade pour réformer en ayant toute légétimité religieuse aux yeux du peuple et ne pas laisser la possibilité aux extrèmistes de dire que c'est haram!

effectivement pas forcément l'alchool mais d'autres choses peuvent etre sanctionnées, et celles-ci me tiennent à coeur, comme la liberté religieuse, de moeurs etc etc.

et on sait très bien que l'on peut faire dire ce qu'on veut au coran, alors espèrons que cela ira dans un sens de plus de liberté et d'égalité!!!


Idem pour les intérets ..alors là on ne s'en cache même pas.;c'est entré dans les moeurs depuis toujours..et ca n'offusque personne .
Oui c'est sur! il y a mème des crédits spéciaux pour acheter son mouton de l'aid! :D Mais je suis pas sur qu'il y ait des intèrets.

Tschuss Mira

PHAX
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Georges
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Re: Petit à petit, Mohamed VI fait son nid!

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Poudrière marocaine
Par Ignacio Ramonet
Directeur du Monde diplomatique de 1990 à 2008.


Elle s’appelle Zahra Boudkour, elle est étudiante à l’université de Marrakech, elle a vingt ans. Pour avoir participé à une marche pacifique de protestation, elle a été brutalement frappée par la police, conduite avec des centaines de ses camarades au sinistre commissariat de la Place Jemaa-El-Fna, et sauvagement torturée. Durant plusieurs jours, les policiers l’ont contrainte à demeurer nue, alors qu’elle avait ses règles, devant les autres détenus. Pour dénoncer cet ignoble traitement, Zahra a commencé, en juin dernier, une grève de la faim. Elle est actuellement dans le coma. Sa vie ne tient qu’à un fil (1).

Quelqu’un, en Europe, a-t-il entendu parler de cette jeune étudiante ? Nos médias ont-ils au moins cité la dramatique situation de Zahra ? Pas un mot. Rien non plus sur un autre étudiant, Abdelkebir El Bahi, jeté par la police du haut d’un troisième étage et cloué désormais, pour le restant de ses jours, à un fauteuil roulant à cause d’une fracture de la colonne vertébrale… Zéro information également à propos de dix-huit autres étudiants de Marrakech, camarades de Zahra, qui, pour dénoncer leurs conditions de détention dans la funeste prison de Boulmharez, sont aussi en grève de la faim depuis plus de deux mois. Certains ont dû être hospitalisés, d’autres ne tiennent plus debout, quelques-uns sont en train de perdre la vue, plusieurs vomissent du sang…

De telles atteintes aux droits de la personne humaine ont lieu dans l’indifférence et le silence général. Seuls les parents ont exprimé leur horreur et leur solidarité — ce qui a été considéré par les autorités comme un inacceptable geste de rébellion. Résultat : eux aussi ont été odieusement bastonnés.

Tout cela ne se produit pas dans un Etat lointain ou mal connu, comme peuvent l’être le Tibet, la Colombie ou l’Ossétie du Sud. Mais à seulement quatorze kilomètres de l’Europe. Dans un pays, le Maroc, que des millions d’Européens visitent chaque année, où nombre d’intellectuels européens de renom résident, et dont le régime bénéficie, dans nos médias et de la part de nos dirigeants politiques, d’étranges prévenances et indulgences.

Depuis un an, le Maroc connaît une flambée de protestations et de violences : révoltes urbaines contre la vie chère et jacqueries paysannes contre toutes sortes d’abus se multiplient. L’émeute la plus meurtrière s’est produite le 7 juin dernier à Sidi Ifni, lorsqu’une paisible manifestation contre le chômage — endémique dans cette ville — a été réprimée avec une excessive férocité. Ce qui a entraîné une véritable insurrection urbaine avec des barricades de rues, des incendies de bâtiments publics et un début de lynchage de certains responsables locaux. En riposte, les forces de l’ordre ont déclenché une hallucinante répression, faisant des dizaines de blessés et de nombreux prisonniers (parmi ceux-ci : Brahim Bara, responsable du comité local d’Attac). En outre, Malika Khabbar, de l’Organisation marocaine des droits de l’homme, a dénoncé « les viols de femmes (2) » ; et, selon la chaîne arabe d’information Al-Jazeera, il y aurait eu « de un à cinq morts ».

Les autorités démentent. Elles ont imposé une « version officielle » sur les « événements d’Ifni », et sanctionnent tout média qui diffuse une information différente. Une Commission parlementaire a certes été constituée, mais ses conclusions ne serviront, comme d’habitude, qu’à enterrer le problème.

Les espérances nées il y a neuf ans, lors de la montée sur le trône du jeune roi Mohammed VI, se sont peu à peu évanouies. Quelques petits changements indispensables ont été apportés pour que tout demeure en l’état : la vieille recette du « tout changer pour que rien ne change ». Quelques couches superficielles de peinture ont modifié l’aspect de l’édifice, mais ses sinistres souterrains et ses passages secrets demeurent identiques.

Les timides avancées en matière de libertés n’ont pas transformé la structure du pouvoir politique : le Maroc reste le royaume de l’arbitraire, une monarchie absolue dans laquelle le souverain est le véritable chef de l’exécutif. Et où le résultat des élections (toujours truquées) est déterminé, en dernière instance, par le souverain, qui, de surcroît, désigne selon son bon vouloir les ministres principaux, dits « ministres de souveraineté ».

La structure de la propriété, pour l’essentiel, n’a pas non plus été modifiée. Le Maroc demeure un pays féodal où quelques dizaines de familles, presque toutes proches du trône, contrôlent — grâce à l’héritage, au népotisme, à la corruption et à la répression — les principales richesses.

Actuellement, l’économie se porte plutôt bien, avec une croissance du PIB prévue pour 2008 de 6,8 % (3), en raison surtout des millions d’émigrés et de leurs envois de devises qui constituent la ressource principale du pays, avec le tourisme et l’exportation des phosphates. Mais les pauvres sont de plus en plus pauvres. Les inégalités n’ont jamais été aussi énormes, le climat de frustration aussi palpable. Et l’explosion de nouvelles révoltes sociales aussi imminente.

Car il existe, aussi, une formidable vitalité au sein de la société civile. Des associations actives et audacieuses qui n’ont pas peur de défendre les droits et les libertés. Nombre de ces associations sont laïques. D’autres sont islamistes. Ces dernières relèvent d’un islamisme très vivace qui se nourrit de la très grande frustration sociale et qui, de fait, constitue la première force politique du pays.

Le mouvement Al-Adl Wal-Ihsane (Justice et Bienfaisance, non reconnu mais toléré), que dirige le cheikh Abdessalam Yassine, ne participe pas aux élections. Avec le Parti de la justice et du développement (PJD), qui a obtenu le plus de suffrages lors des dernières élections législatives de septembre 2007, ces deux formations dominent très largement la carte politique. Mas le pouvoir, soutenu par ses protecteurs européen et américain, ne leur permet pas de gouverner.

Un tel déni de démocratie pousse des groupes minoritaires à choisir la voie de la violence et du terrorisme. Que les autorités combattent par tous les moyens, y compris la torture, couramment pratiquée. Et toujours avec le soutien intéressé de l’Union européenne et des Etats-Unis (4). Cette alliance objective conduit nos dirigeants et nos médias à fermer les yeux devant les violations des droits humains que l’on continue à y pratiquer.

Comme si les chancelleries occidentales disaient aux autorités de Rabat : en échange de votre lutte contre l’islamisme, nous vous pardonnerons tout, y compris votre lutte contre la démocratie.


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(1) Le Journal hebdomadaire, Casablanca, 26 juillet 2008.

(2) Ibid, 12 juillet 2008.

(3) Le Monde, 10 août 2008.

(4) Washington construit en ce moment une immense base militaire dans la région de Tan-Tan, au nord du Sahara Occidental, pour y installer le siège de l’Africom, le Commandement Afrique de ses forces armées, avec pour mission la surveillance et le contrôle militaire du continent, et en particulier du Sahel. Le récent coup d’Etat en Mauritanie serait lié à ce projet.
"La où l'islam passe, la civilisation trépasse" Ibn Khaldoun
"l' islam est une loi pour les pourceaux" Ibn Roshd
"Je suis le prophète du carnage. Je suis le rieur sanglant" Mahomet
"le paradis est à l' ombre des épées" Mahomet
Les peuples non civilisés sont condamnés à rester dans la dépendance de ceux qui le sont.
Et la civilisation, c'est l'Occident, le Monde Moderne, dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre.
Mustafa Kemal, discours de 1928

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