tel quel hebdomadaire marocain: appel à la liberté individ

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venid
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L'hebdomadaire Marocain Tel quel

Message non lu par venid »

Bonjour

Je voulais juste vous indiqué un hebdo Marocain que j'apprécie beaucoup, le magazine Tel quel. Je pense que les marocain de ce forum connaissent tous ce mag.

Lorsque je vais en vacances au maroc je l'achète chaque jeudi lors de sa sortie. C'est l'un des rares magazine Marocain (et maghrebin d'ailleurs) qui parle de TOUT sans aucuns tabous, tout les sujets de societé (social, economie, moeurs...) sont abordés sans langue de bois. Ce journal prone clairement la laicité pour le maroc et combat farouchement les idées du PJD (Part islamiste marocain "moderé").

Je me rappelle de quelques couvertures tape à l'oeil comme "les Marocains et le sexe" "le salaire du roi" "l'homosexualite au Maroc"... D'ailleurs la couverture du mag pour cette semaine c'est "Marock, le film de tout les tabous"

http://www.telquel-online.com/
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mira
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Re: L'hebdomadaire Marocain Tel quel

Message non lu par mira »

venid a écrit :Bonjour

Je voulais juste vous indiqué un hebdo Marocain que j'apprécie beaucoup, le magazine Tel quel. Je pense que les marocain de ce forum connaissent tous ce mag.

Lorsque je vais en vacances au maroc je l'achète chaque jeudi lors de sa sortie. C'est l'un des rares magazine Marocain (et maghrebin d'ailleurs) qui parle de TOUT sans aucuns tabous, tout les sujets de societé (social, economie, moeurs...) sont abordés sans langue de bois. Ce journal prone clairement la laicité pour le maroc et combat farouchement les idées du PJD (Part islamiste marocain "moderé").

Je me rappelle de quelques couvertures tape à l'oeil comme "les Marocains et le sexe" "le salaire du roi" "l'homosexualite au Maroc"... D'ailleurs la couverture du mag pour cette semaine c'est "Marock, le film de tout les tabous"

http://www.telquel-online.com/
Je connais, il est tres bien effectivement.
A ma connaissance Benschemsi son directeur a eu des problemes avec les autorites. Corrige moi si je me trompe. Et puis si tu peux me rafraichir la memoire ca serait bien. J'ai oublie quel etait le tort du journal. Je crois que ca avait un rapport avec la monarchie, non?
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Invité
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Telquel Victime d’une Mascarade judiciaire

Signez la pétition de soutien

A l'issue d'un procès en diffamation expéditif, le directeur de TelQuel Ahmed R. Benchemsi et son chef des actualités Karim Boukhari ont été condamnés, sans même que leur avocat ait eu droit à la parole, à deux mois de prison avec sursis chacun, plus une amende record de 1.050.000 DH. Les deux journalistes ont fait appel.

Ces peines de prison et cette amende exorbitante constituent, sans aucun doute, un "avertissement" du pouvoir à l'égard de TelQuel, "puni" pour son indépendance éditoriale. Elles inaugurent une nouvelle méthode pour museler la presse : l'étouffer progressivement par des amendes disproportionnées, obtenues grâce à des simulacres de procès civils. à travers TelQuel aujourd'hui, c'est demain toute la presse libre du Maroc qui est menacée.

Nous soussignés, dénonçons avec force toute atteinte, même indirecte, à la liberté de la presse et demandons justice pour TelQuel à l'issue d'un procès en appel transparent et équitable

http://www.soutientelquel.com/signez_petition.html
http://www.islamla.com/modules.php?name ... cle&sid=44
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venid
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Message non lu par venid »

Bonjour,

effectivement islamla reprend une partie de l'histoire. En faite la plainte est venu d'une dame sur lequel TelQuel avait publié un article qu'elle a jugée diffamatoire.

TelQuel a été comdamné a une lourde peine et il a été menacé de disparaitre. En mars cette dame a envoyé un courrier a TelQuel dans lequel elle indique ne pas vouloir la disparition de l'hebdo et que finalement elle refuse que TelQuel lui verse l'amende.

TelQuel est donc actuellement hors de danger. Il semblerai qu'il n'y ai pas eu de veritable intention de faire disparaitre ce journal, juste donner un avertissement. Toutefois le Maroc s'essaye à la liberte de la presse depuis quelques annees, et les mag comme TelQuel se mutiplient. Il semblerai qu'il y'ai une véritable intention d'ouverture et faire marche arrière sur la liberté de la presse, le maroc ne veux pas prendre ce risque.

a+
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nanou
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Message non lu par nanou »

oui je me joins a vous pour dire a quel point ce site est super.

dans le dernier numero, il y a deux ou trois poemes d un athee.

http://www.telquel-online.com/236/integrisme_236.shtml

bon, les poemes ne sont pas excellent, mais le fait de les publier en ecrivant:

"Poésie. Des vers vicieux

Ce poète marocain, libertaire, accumule depuis des années les vers les plus subversifs, exprimant sa foi athée, son amour démesuré des femmes et son aversion pour les “barbus”. Autant un délice qu'un délire verbal
"


je trouve que c est deja pas mal
phax
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encore un bon article de tel quel ,l'hebdomadaire marocain

Message non lu par phax »

Bonjour:
Chaque jour, près de 400 avortements clandestins sont pratiqués au Maroc, avec des conséquences sanitaires et sociales dramatiques. N’est-il pas temps que le législateur réforme la loi, particulièrement répressive, sur l’avortement ?


Une jeune fille de 22 ans, nommée M.D., accouche à la maternité de Rabat de triplés qu’elle abandonne à l’Assistance sociale. K.T., 19 ans, est admise à la maternité, le col de l’utérus déchiré par l’introduction d’un objet contondant dans le vagin. Quasi exsangue, ravagée de surcroît par une infection, elle décédera 48 heures plus tard de choc
septique. M.F. est admise aux urgences de l’hôpital Avicenne dans un état comateux après une tentative de suicide. L’examen révèle qu’elle est enceinte de quatre mois. Une réanimation intensive la sauve de la mort, mais elle gardera une hémiplégie définitive.

On peut multiplier à l’infini les cas de femmes en état de choc hémorragique ou septique, mutilées ou intoxiquées, qui arrivent quasi quotidiennement à l’hôpital, suite à une tentative d’avortement. On évalue, en effet, à 400 le nombre de cas d’avortement clandestins pratiqués quotidiennement à travers le Maroc. Des interventions réalisées non seulement par des médecins généralistes ou spécialistes, mais aussi -et c’est là que réside le danger- par des sages-femmes, des infirmières ou des “faiseuses d’ange”, dans des conditions sanitaires catastrophiques. Selon l’OMS, 13% de la mortalité maternelle au Maroc est imputée à l’avortement et reste très élevée, de l’ordre de 228 pour 100 000 naissances. Et encore, il ne s’agit là que de la partie visible de l’iceberg. Ces statistiques sont en effet très largement sous-estimées, étant donné l’illégalité de l’opération et le caractère tabou du sujet. Elles ne prennent pas en compte le grand nombre de suicides liés aux grossesses illégitimes. En outre, le mal va parfois bien au-delà de l’avortement. Car quand elles échappent à la mort, bon nombre d’accouchées garderont des séquelles organiques (stérilité, entre autres) et psychiques (dépressions). Et que dire, quand la grossesse est menée à son terme, de tous ces enfants abandonnés à l’hôpital ou dans la rue, promis à une vie de malheur ?

Une loi très répressive
L’article 449 du Code pénal punit de 1 à 5 ans de prison et d’une amende de 200 à 500 DH toute personne ayant provoqué, ou tenté de provoquer, un avortement avec ou sans l’accord de l’intéressée. La peine est portée à 20 ans de réclusion en cas de décès et est doublée si l’avorteur est récidiviste. L’article 454 punit de 6 mois à 2 ans toute femme s’étant livrée à l’avortement sur elle-même. Enfin, l’article 455 punit de 2 mois à 2 ans les complices d’un avortement, notamment les intermédiaires ou les vendeurs de produits abortifs. Malgré cet arsenal juridique répressif, environ 400 interruptions de grossesse sont pratiquées quotidiennement au Maroc sur des femmes qui, pour des raisons propres à chacune d’entre elles, n’ont pas d’autre issue. Certaines ont les moyens de payer les 1000 à 10 000 DH (selon la patiente, la durée de la grossesse et le médecin) que demande un avortement médicalisé, du reste toujours interdit. D’autres ne peuvent se permettre une telle dépense et recourent alors à un avortement barbare, ou finissent par garder leur grossesse malgré elles.

Ouvrir le débat
Aujourd’hui, il est temps de briser le silence et d’ouvrir le débat. Cessons de nous voiler la face et reconnaissons que les relations sexuelles hors mariage existent. Il n’est nullement question ici d’encourager à la licence des mœurs, mais de remédier à un problème sanitaire et sociétal qui prend de l’ampleur. Je me permets donc, en toute modestie, moi qui suis quotidiennement confronté au drame des avortements clandestins comme celui des mères célibataires, de proposer quelques pistes de réflexion.

D’abord, la seule répression ne saurait venir à bout du problème. Il faudrait aussi mettre l’accent sur la prévention, oser briser le tabou et encourager une éducation sexuelle des jeunes filles au sein de la famille, d’associations, à l’école ou par les médias. Il faudrait également faciliter l’accès aux moyens contraceptifs et, pourquoi pas, à la pilule abortive, sous contrôle médical. Ensuite, il est urgent d’actualiser et d’assouplir la loi sur l’avortement, comme l’ont fait plusieurs pays, dont la Tunisie. Au Maroc, la loi actuelle n’autorise l’avortement qu’en cas de pathologies maternelles graves, pouvant mettre en danger la vie de la mère, telles que les cardiopathies, les néphropathies ou la rétinopathie. Il serait judicieux d’étendre cette précaution aux pathologies fœtales (malformations...) et certaines situations sociales. Il faudrait aussi que le législateur permette d’interrompre une grossesse consécutive au viol ou à l’inceste, par exemple. Évidemment, cette libéralisation de la loi sur l’avortement devra être étroitement encadrée et entourée de garde-fous très stricts : les indications d’interruption de grossesse devront être minutieusement définies et, sauf cas exceptionnels, fixées par la loi. Et en tout état de cause, l’avortement ne devrait pas intervenir au-delà de deux mois de grossesse. Comme le montrent aisément les statistiques, une loi, aussi répressive soit-elle en matière d’avortement, n’a pas de réel impact dissuasif. En outre, les pays qui ont dépénalisé l’avortement n’ont nullement enregistré une augmentation du nombre d’avortements. Ils ont en revanche connu une réduction très significative du nombre de complications et du taux de mortalité chez les femmes qui ont pu avoir accès à l’avortement dans de bonnes conditions sanitaires.

En adoptant une loi moderne, dans un Maroc moderne, on aura résolu, au moins en partie, ce fléau social et sa kyrielle de malheurs en rapport avec l’avortement clandestin.



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et le lien: http://www.telquel-online.com/299/maroc3_299.shtml


Salam

PHAX
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Article sur la polygamie, tel quel l'hebdomadaire marocain

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Salut tout le monde!

encore un très intéressant article de tel quel.

Tchuss

PHAX
Société.
Les derniers polygames

(AFP)


Le nouveau Code de la famille n’est pas venu à bout d’un phénomène, la polygamie, que l’on dit en baisse et que les chercheurs taxent de “curiosité sociologique”. Enquête.


“Je les aime toutes les deux, mais je dois avouer que la deuxième est ma préférée. Elle est jeune, belle et prévenante”. Marié à deux femmes, Abou Hamza, un Casablancais de 45 ans, avoue ne pas pouvoir “taire ce que lui dicte son cœur”. Et il se défend de toute discrimination conjugale entre ses deux moitiés. Sa première épouse, 41 ans, rencontrée sur les bancs de l’université, est la mère de ses
quatre enfants. La deuxième, qui affiche seulement 20 ans au compteur, a l’âge de l’une de ses filles. “Je ne suis qu’un être humain, j’ai mes faiblesses. Quand j’ai rencontré ma deuxième femme, je l’ai tout de suite aimée. En l’épousant, je n’ai rien fait de contraire aux règles et aux usages liées à la Charia”. Abou Hamza fait partie de ces polygames qui résistent encore à l’évolution des mentalités, mais aussi aux différents obstacles dressés par le nouveau Code de la Famille. Une espèce en voie de disparition, capable d’entretenir et de subvenir aux besoins de deux, trois ou quatre ménages à la fois. Les histoires de ces hommes “rares” sont différentes, leur seul point commun repose sur une conception bien personnelle de l’amour conjugal, où l’exclusivité n’est pas une constante, du côté masculin bien sûr.

Un cœur pour deux femmes
À en croire les chercheurs, “la polygamie relève désormais de la curiosité sociologique”, comme l’affirme Mohamed Aboumalik, spécialiste de la sociologie de la famille et auteur d’une grande étude sur le mariage. Une curiosité ? Selon les derniers chiffres publiés par le ministère de la Justice, en 2006, plus de 4000 demandes de mariage polygamique sont parvenues devant les juges des tribunaux de la famille. Toutes n’ont pas été traitées, mais sur les 3339 dossiers “tranchés”, 1450 ont été acceptés, un peu moins que les 1889 refusés. Certes, en l’absence de statistiques sur plusieurs années, il est malaisé de se faire une idée précise sur l’évolution de la polygamie. Mais d’après les responsables du ministère, la tendance au niveau des autorisations accordées par les juges est assurément à la baisse. “Les juges sont devenus plus sévères en matière de mariage polygamique. Ils ne l’autorisent plus qu’en certains cas, comme la stérilité avérée de la première épouse”, commente un cadre du ministère de la Justice. On en est toujours là. Si les polygames existent dans toutes les catégories sociales, beaucoup sont plutôt aisés, et souvent de fervents religieux. Après un premier mariage, dans lequel ils ne trouvent plus leur compte, ils convolent en secondes noces, sans pour autant se séparer de la première épouse. Celle-ci est souvent “gardée” parce qu’elle est “la mère des enfants”. Et quand les moyens du mari polygame le permettent, les deux ménages vivent dans des foyers distincts. Sinon, les deux “couples” sont contraints de cohabiter sous le même toit.

Les polygames, comme on nous l’a expliqué, n’hésitent pas à brandir la carte de “l’équité” (dans le traitement des épouses). Faut-il pour autant y croire ? “Non, l’équité n’est pas possible, pour la simple raison que l’homme polygame est en quête du meilleur, et aura tendance à le traiter en conséquence”, assène, catégorique, le sociologue Abdelkader Ziraoui.
En fait, quelles sont les raisons de la polygamie ? Pas de réponse type possible : problèmes d’ordre sexuel, incompatibilités, simple attrait de la “nouveauté”, stérilité féminine, etc. Mais comme on peut s’y attendre, les polygames sont unanimes sur un seul point : les problèmes de couple proviennent exclusivement de la femme, et la tentation polygame est moins une lubie ou un luxe que le résultat d’un “manque ressenti au sein de la vie conjugale”. Des arguments que Mohamed Aboumalik nuance. Selon lui, la polygamie est de moins en moins un choix délibéré, comme ce fut le cas par le passé, et davantage un acte presque forcé. “Nombre de polygames ont été piégés dans une relation extraconjugale, qui s’est prolongée dans le temps et a fini par être formalisée par un acte de mariage”, interprète-t-il. Le constat, bien ancré dans la nouvelle réalité marocaine, ne retrace cependant pas toute la complexité de la polygamie.

Le juge tout puissant
Contrairement à ce que beaucoup pensent, l’aval de la première épouse n’est pas obligatoire pour contracter un second mariage. “Le dernier mot revient toujours au juge. Seul lui peut autoriser ou refuser un mariage polygamique”, nous explique Mohamed Karrout, avocat à Casablanca. Selon la loi, la première femme a juste le droit d’être officiellement informée, sans plus. Et son refus n’empêche pas son époux de se remarier. En revanche, elle peut toujours demander le divorce si elle le souhaite. “Les femmes se trouvent devant un dilemme : se soumettre au choix de leur mari, ou entamer une procédure du chiqaq (séparation) pour sauver leur honneur”, explique Fatiha Remmah, coordinatrice du centre Nejma, spécialisé dans l’écoute des femmes victimes de violence. En 2006, le centre a traité 11 cas de polygamie, contre une trentaine en 2004, année qui correspond à l’entrée en vigueur du Code la famille. “Ce qui pose réellement problème dans la procédure de polygamie, c’est le pouvoir discrétionnaire du juge”, relève Remmah. Souvent, leur background culturel n’est pas en adéquation avec la volonté progressiste voulue par la loi. Le centre Nejma relate par exemple le cas d’un homme marié à deux femmes et père de quatre enfants. Âgé et affaibli par la maladie, il projetait pourtant de prendre une troisième épouse. Son argument ? Il désirait avoir un nouvel enfant, le cinquième, mais ses deux femmes avaient dépassé l’âge de procréation. Comment cette histoire s’est-elle terminée ? Le mari a déposé une demande (de nouveau mariage polygamique) au tribunal… qui a rendu un jugement en sa faveur.





Code de la Famille. Les limites de la réforme

Malgré les nouveautés apportées par le nouveau Code de la famille, la polygamie reste entourée d’un flou juridique certain. Au point où l’on se demande : la polygamie est-elle (il)légale ? Nombreux sont en effet les cas de maris présentant de faux documents, pour pouvoir convoler en secondes noces dans le dos de leurs premières femmes. Fausses adresses, changement de domicile, certificats de divorce ou de décès d’une ancienne épouse… Tous les moyens sont bons pour obtenir la nécessaire autorisation du juge. “Le comble, c’est que même quand la fraude est établie, le tribunal pénal rechigne à poursuivre le mari, de peur de détruire des familles”, se désole Fatiha Remmah, du centre Nejma. Finalement, le critère le plus efficace pour dissuader, pour le moment, les aspirants polygames, reste l’examen de leur situation financière.
En effet, le juge peut refuser un second mariage s’il estime que le futur époux est dans l’incapacité de subvenir aux besoins d’un second (trois-ième ou quatrième) ménage. Mais si le prétendant arrive, malgré tout, à justifier d’un compte bancaire ou de garanties conséquentes, rien ne l’empêche de se remarier. De quoi remettre en question l’image “révolutionnaire” du nouveau Code de la Famille. Hélas !




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phax
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tel quel hebdomadaire marocain: appel à la liberté individ

Message non lu par phax »

Voici encore un bon article, et une très bonne initiative de telquel!!!! Espérant que le maroc suivra la voie demandée....

Bonne lecture!

PHAX
Attention danger !

(DR)


Au prétexte de “défendre la religion, la morale et la vertu”, les appels à la haine se banalisent, les menaces se multiplient, la peur se répand… Faut-il attendre que la violence éclate au grand jour pour tirer la sonnette d'alarme ?


Mardi 15 janvier 2008, la cour d'appel rend son verdict dans l'affaire du prétendu “mariage gay” de Ksar El Kébir (TelQuel n°300) : inculpés d'homosexualité, six hommes sont condamnés à des peines allant de deux à dix mois de prison ferme. Commentaire de Me Mohamed Sebbar, par ailleurs président du Forum vérité et justice, qui conduit le
collectif de défense des accusés : “Vu le chef d'inculpation, un jour de prison est déjà un jour de trop”. Ce n'est sans doute pas l'avis des centaines d'habitants de la petite ville du Nord (des milliers, disent des sources officielles) qui avaient protesté contre “la perversion des mœurs” par des émeutes, actes de vandalisme et tentatives de lynchage. A l'origine de cette flambée d'intolérance, des prêches incendiaires dans des mosquées, et une campagne de menaces et d'intimidations menée tambour battant par des groupes intégristes…

Si jamais auparavant on n'avait vu une “insurrection” d'une telle ampleur (saluée par un journal islamiste au cri de “grâce à Dieu, il existe encore des hommes dans ce pays” !!), ce n'est pas la première fois au Maroc, loin s'en faut, que des individus se retrouvent ouvertement et nommément menacés par les tenants du “nouvel ordre moral” - l'expression est désormais consacrée. Et l'homosexualité n'est qu'un prétexte parmi d'autres. Chaque jour, sur Internet, fleurissent par dizaines les menaces de mort anonymes contre divers “ennemis de la religion” (clairement nommés, eux). Il suffit, pour accéder à ce statut, d'avoir exprimé une opinion un tant soit peu décalée par rapport aux standards de la morale et de la vertu (tels que les islamistes les définissent). Ou, bien sûr, d'argumenter en faveur de la laïcité - un concept que les intégristes, s'aveuglant obstinément sur sa signification réelle, assimilent automatiquement à l'athéisme. Ce qui, dans leur vision “orthodoxe” de la loi divine, appelle nécessairement la punition ultime. En moins “trash”, mais à plus large échelle, certains journalistes n'hésitent plus à pointer nommément ceux qui, intellectuels, artistes, ou confrères, “attaquent l'islam” - faisant courir de grands risques aux concernés et… les taxant de “lâches” quand ils s'en inquiètent publiquement !

Dans un registre proche, depuis l'affaire des hard-rockers accusés de “satanisme” en 2003, et malgré leur libération rapide suite à la pression de la société civile, l'expression “âbadat chaïtane” (adorateurs de Satan) est devenue un automatisme, dès qu'il s'agit d'évoquer les amateurs de metal qui, chaque année, déferlent par milliers sur le festival musical L'Boulevard, qui leur accorde une place conséquente dans sa programmation. Comment, de retour dans son quartier et parmi sa famille, un simple amateur de rock et de looks extravagants peut-il vivre avec cette étiquette sans finir par se renier sous la pression - ou à tout le moins, devenir paranoïaque ?

Des actes de violence isolés, il y en a régulièrement. La presse a ainsi rapporté, il y a quelques mois, le cas de cet habitant d'Agadir qui avait lapidé à mort sa mère qu'il soupçonnait d'adultère. Et chaque année, on décompte de nouveaux morts ou blessés dans les campus universitaires, à l'issue d'affrontements entre étudiants islamistes extrémistes et d'autres, d'extrême gauche (autant dire athées, aux yeux de leurs adversaires). Certains campus sont aujourd'hui des territoires très risqués pour tous ceux qui osent afficher leur désaccord avec les islamistes. Très peu l'osent encore, d'ailleurs.

Pour en revenir aux “coupables d'homosexualité” de Ksar El Kébir, et alors que leurs familles n'osent plus se montrer en public, que leurs enfants subissent pressions et quolibets à l'école, Human Rights Watch monte au créneau, demandant l'annulation de la sentence : “Si le Maroc aspire vraiment à être un leader régional en matière de droits humains, il devrait montrer la voie en dépénalisant l'homosexualité”, peut-on lire dans le communiqué de l'ONG américaine. Est-ce trop demander à nos responsables ? “Concernant l'homosexualité, le législateur et la société marocaine s'accordent à la condamner”, a déclaré sans ambages à TelQuel Khalid Naciri, porte-parole du gouvernement. L'Etat serait-il condamné à une attitude attentiste, fataliste, sans aucune possibilité, même minime, de tirer la société vers le haut, notamment en légiférant ? “La locomotive ne peut pas aller plus vite que le train”, rétorque Naciri.

Le discours du porte-parole du gouvernement peut-être résumé ainsi : “Quand la société poussera, l'Etat suivra, pas l'inverse !”. Décevant. L'Etat joue la montre, attend, laisse faire, prétendument avec le souci de “préserver la paix sociale”. N'est-ce pas, au contraire, la meilleure manière de la menacer ? Et quid des victimes ? Car même si, depuis la condamnation des six accusés, le soufflé semble être retombé à Ksar El Kébir, rien ne permet d'affirmer avec certitude que la tempête est définitivement passée. Confirmation de Me Sebbar : “Certains des inculpés seront libérés dans quelques semaines. La question en suspens, c'est comment la foule va accueillir ces gens. Qui va les protéger des menaces qui pèsent encore sur eux ?”.

L'homosexualité, ou l'arbre qui cache la forêt (des intolérances)
Changement de décor pour un autre procès. Le chef d'inculpation est le même (homosexualité), et le jugement se déroule cette fois… dans un amphithéâtre de la Faculté de Fès. L'histoire remonte à l'été 2006, quand un jeune étudiant en sciences économiques est “jugé” par des étudiants islamistes, qui l'accusent de représenter “une menace pour la culture et un affront pour la virilité de tous les résidents”. Après un simulacre de procès étalé sur plusieurs heures, l'étudiant est tout bonnement exclu de la cité universitaire. “Un moindre mal finalement car certains prônaient une punition plus sévère”, nous explique cette source qui a bien suivi l'affaire. La “punition” en question : une expulsion pure et simple de la ville de Fès, pour la version soft, vingt coups de fouet (!!) assortis d'une expulsion de l'université pour la version hard.

Le fil conducteur qui relie l'affaire de Fès à celle de Ksar El Kébir pourrait s'appeler : négation de la différence, sous couvert de caution religieuse. “L'argument religieux est imparable et certains l'ont compris”, explique l'ethnologue Abdelbaqi Belfqih. Et de poursuivre : “Nous sommes assiégés par une ambiance religieuse. La plupart des biens culturels que nous consommons sont religieux. Idem au niveau du langage, des codes vestimentaires. Dans un tel climat, on se plie à la pratique dominante et on se tait”. En d'autres termes, il faut choisir son camp : se conformer à la masse (et passer inaperçu) ou prendre le risque, en s'exposant, d'assumer sa différence, sexuelle ou autre.

Pour le chercheur Mohamed Darif, les évènements de Ksar El Kébir ou de Fès sont le résultat (prévisible) d'une “instrumentalisation des valeurs conservatrices de la société”. Le politologue, qui a toujours développé de fines analyses sur la société marocaine, est catégorique : “Une société conservatrice n'est pas tolérante, par définition déjà”. à lire les conclusions de l'enquête dirigée par Mohamed Ayadi, Hassan Rachik et Mohamed Tozy (L'islam au quotidien, Editions Prologues, 2007), on est tenté de donner raison à Darif. Même s'il ne sonde pas des questions relatives à la sexualité, “L'islam au quotidien” laisse en effet planer le doute quant à la tolérance moyenne (des Marocains) vis-à-vis de la différence. Exemple, ce chiffre : 66% (des sondés) se sentent plus proches d'un Afghan musulman que d'un Marocain de confession juive. Troublant.

Bien sûr, le fait que l'islamité soit placée en tête des composantes de l'identité par une majorité de Marocains n'explique pas tout. Islamité rime trop souvent avec normalité, mais où commence l'une et où s'arrête l'autre ? Y a-t-il, à la base, dans les esprits moyens, un clivage, une différenciation entre l'une et l'autre ? Rien n'est moins sûr. “Les manifestants de Ksar El Kébir ne sont pas tous des islamistes, mais ils font partie d'une population musulmane conservatrice”, résume Mohamed Darif. C'est là qu'intervient le rôle des entrepreneurs politiques de la religion. Utilisé comme source de légitimité par l'Etat et les partis, l'islam devient le socle culturel unique de toute la société. Le fond du problème, comme nous l'explique Darif, “c'est que la nature de la culture dominante (religieuse) ne laisse guère de place aux libertés individuelles”.

L'Etat aussi y met du sien, lui qui n'est pas exempt de tout reproche puisque l'appareil répressif dont il dispose laisse la porte ouverte à l'immixtion de la morale dans la vie privée des personnes. “A Ksar El Kébir, tout se passe en fait comme si on était en plein ramadan, poursuit Mohamed Darif. Vous pouvez manger chez vous, mais faites-le en public et vous vous ferez lyncher. Si cela advient, vous serez d'ailleurs coupable, aux yeux de la police, d'atteinte à l'ordre public. Alors que vous venez de vous faire lyncher en public !”

La manip' près de chez vous
Quoi de plus dangereux pour la paix du brave citoyen qu'un défilé de (jolies) jeunes femmes ? Souvenons-nous comment, en 2002 (déjà), les organisateurs d'un concours de beauté ont découvert, effarés, tout le trouble que pouvaient provoquer quelques filles en maillots de bain. L'organisateur de Miss Maroc a même été menacé de mort parce que les miss étaient trop court vêtues… Trop loin de nous, tout ça ? Pas si sûr. Car cela laisse des traces, immanquablement. En 2006 par exemple, un hôtel de la ville d'Agadir organise Miss Fashion TV Maroc. Un homme averti en valant deux, les organisateurs préfèrent, chose tout à fait inhabituelle pour ce genre d'événement, jouer la carte… du secret (ou presque). Et tant pis pour l'impact. L'évènement se déroule loin des projecteurs, à l'abri des regards indiscrets et inquisiteurs. Une manière de se protéger mais aussi de préserver l'anonymat des candidates, censées défiler en maillots de bain pour l'occasion. “Ils (les organisateurs) craignaient qu'une partie de la presse ne s'attaque à ce qui pourrait lui sembler culturellement et moralement incorrect. On ne sait jamais ce qui pourrait se passer, et jusqu'où cela peut aller, dans ces cas où l'information, les faits, déjà, peuvent être travestis”, explique cette source locale, à Agadir. Les violences directes, il n’y en a pas eu jusqu’à présent. La peur, elle, est déjà là.

Le plus grand terreau de l’indignation facile reste
Internet. Sur le site Youtube, les Marocains brillent par leur assiduité. Aussi bien en terme de vidéos postées que visionnées. Résultat : un rien suffit pour soulever l'indignation des muftis (autoproclamés) du Web. Les vidéos mettant en scène des photos de jeunes filles dans des situations anodines ont droit, au mieux à un florilège d'insultes, au pire à des menaces généralement rehaussées par des versets apocalyptiques.

Mai 2007, le groupe Hoba Hoba Spirit se produit sur une scène de la ville de Settat. Le journal apparenté au principal parti islamiste saute sur l'occasion : “Lors du concert, les habitants de la ville de Settat ont perturbé la prière”. Comble de la surenchère, le journaliste y va de sa précision, déclarant que les empêcheurs de prier en rond auraient escaladé un minaret, nus comme des vers. Incroyable ! Commentaire de Réda Allali, leader des Hoba Hoba Spirit : “C'est très simple, ce qui a été rapporté par ce journal n'a bien sûr jamais eu lieu, c'était du délire, de la pure fiction”. Mais le lecteur lambda n'a pas toujours la possibilité de faire la part des choses, surtout quand les “informations” se rapportant à un genre d'activité (la musique par exemple) sont toujours abusivement déformées. Et là, on est aux frontières de la manipulation. “Les gens en général ont un imaginaire construit sur l'ignorance. Les responsables de ce type de journaux ont tôt fait de tirer profit de l'absence de sens critique de leurs lecteurs”, analyse l'ethnologue Abdelbaqi Belfqih. Quoi de plus dangereux, alors, pour un journal que de vouloir, au détriment de la vérité, coïncider à tout prix avec la pensée de Monsieur tout le monde ? Et de faire rimer objectifs commerciaux avec propagande et rejet de l'autre…

Comment en sortir alors ? En proposant de nouveaux modèles culturels aux jeunes, par exemple. Là encore, le constat n'est pas réjouissant. Apparus sur la (nouvelle) scène marocaine, plusieurs groupes de rap revendiquent un point de vue impertinent. Normal pour un genre artistique, le rap, né pour bousculer la bienpensance. Dans les faits, et de plus en plus, il n'est pas rare que la soupe soit pourtant servie… avec un mélange de patriotisme et de discours moralisateur sur les “filles qui traînent dans les rues”. C'est le rap taqlidi, celui que l'on peut “écouter en famille”, avec force clichés et surenchère moralisatrice. “Des artistes se sont recyclés en redresseurs de consciences pour développer le même discours que ceux qui les attaquent, comme s'ils cherchaient ainsi à les amadouer”, nous explique Mohamed Meghari, alias Momo, organisateur du Boulevard des jeunes musiciens. Le phénomène, hier encore confiné à la seule “chanson traditionnelle”, s'étend aujourd'hui au rap, dernier des remparts supposés imprenables. C'est dire.

Dans le cinéma, la poussée d'intolérance est aussi une réalité, ressentie par les artistes. On se souvient que dans Wake up Morocco (2006), la réalisatrice Narjiss Nejjar filmait une jeune femme tenant tête à un groupe de fanatiques qui tentent d'empêcher par tous les moyens la projection d'un film dans l'enceinte universitaire. Entre la fiction et la réalité, il n'y a qu'un pas. Le cinéaste Ahmed Boulane en sait quelque chose. “Le sentiment général est celui d'un recul des libertés. Tout le monde le sent, et le vit au jour le jour”. Depuis quelques années, les attaques contre les films et leurs auteurs sont pléthore. Le réalisateur de Ali, Rabiaâ et les autres se souvient : “En 2005, mon film (ndlr : dont le scénario revisite l'atmosphère jouissive des seventies) était projeté à l'Université Hassan II de Mohammedia. Une vingtaine de barbus ont interrompu la projection dans un amphithéâtre et ont même réussi à emporter le projecteur de 35 mm”. Le lendemain, Ahmed Boulane est retourné sur les lieux pour s'expliquer avec les “vandales”. “La plupart ont avoué n'avoir jamais vu le film. Ils m'ont dit avoir simplement agi sous l'influence d'articles incendiaires parus dans une certaine presse”.

Younès Moujahid, le secrétaire général du Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), ne dit pas autre chose, lui qui dénombre plusieurs cas de “dérapages”. Il en souligne le péril : “Quand on passe de l'information à la propagande, c'est un glissement déontologique”. Certains titres de presse se sont acharnés, de manière aussi sélective que perverse, sur des personnes ciblées, en brandissant les mêmes accusations : atteinte au sacré (Dieu et son prophète), alliance avec les sionistes, islamophobie, etc. Avant même sa sortie en salles, le film Marock de Laïla Marrakchi s'est pris une volée de bois vert lors du Festival de cinéma de Tanger, en 2005. Un membre du jury menaçant même ses collègues de les traîner dans la boue, s'ils accordaient une récompense au film. L'homme a fait du chemin depuis, lui qui a construit son fonds de commerce à partir des attaques personnelles contre les uns et les autres, toujours au nom de la supposée bonne morale. Younès Moujahid explique dans un mélange d'étonnement et d'indignation : “Ces journaux relatent des faits qui se déroulent dans la sphère privée en les qualifiant d'offensive (houjoum) contre les valeurs de la société, se focalisant sur des sujets sensationnalistes. Cela a pour conséquence directe de mettre les gens ciblés en danger”.

Danger, le mot est lâché. Directeur de la publication Attajdid, un quotidien qui a souvent pris pour cible festivals et films “incitant à la débauche”, Mustapha Khalfi se défend : “On ne peut pas taxer de populisme un journal tiré à 10 000 exemplaires à peine. On ne critique pas le fait qu'un festival programme un film israélien. En revanche, si c'est un film sioniste, c'est autre chose, car il s'agit d'une idéologie raciste”. Pourtant, le film franco-israélien Les méduses (Etgar Geret, 2007), qui n'a rien de sioniste, n'a pas reçu de visa d'exploitation, et n'a donc pas pu être projeté dans le cadre du dernier Festival Casa ciné en octobre 2007. En résumé, le film, une simple chronique sociale ayant pour cadre Tel-Aviv, a été déprogrammé à la dernière minute, alors qu'il faisait partie de la sélection du Festival. “Cela intervient suite à une cabale orchestrée par des journaux populistes”, confie cette source au sein de l'équipe d'organisation. La censure des Méduses reste, dans tous les cas, une première, et crée un précédent. Inquiétant pour un pays qui a toujours su faire le dos rond durant les périodes de grande crise “identitaire” (guerre du Golfe, conflit israélo-palestinien).

L'inquiétude aujourd'hui est réelle. Et profonde. C'est un processus complexe, lié à la manipulation des esprits, à la puissance de l'environnement quotidien, mais aussi au background culturel de tout un chacun. C'est sans doute cette complexité-là qui fait dire à Hicham Abkari, responsable de l'animation culturelle de la ville de Casablanca, un homme connu pour sonder la température et le pouls tant de la jeunesse (artistes, public) que des officiels qu'il côtoie tous les jours : “Les gens qui appellent à la haine sont sincères. Ceux qui appellent à la tolérance le sont moins”. Hélas, c’est souvent vrai.

Les propos de Hicham Abkari nous invitent à une psychanalyse générale, nationale. Le passage sur le divan est indispensable pour mieux comprendre tous les ressorts, tous les enchaînements, qui nous amènent aujourd'hui au seuil de l'intolérance et, disons-le, de la violence. Dieu reconnaîtra bien sûr les siens mais, ici-bas, les hommes jugent et condamnent à l'emporte-pièce.

Demain, le pire ?
Fin 2006, l'affaire Nichane secoue le landerneau médiatique. Au départ, un dossier anodin consacré aux blagues populaires au Maroc, prenant pour thèmes la religion, le sexe et la politique. Le magazine est vendu pendant une semaine sans soulever de polémique. Il faut attendre la sortie du numéro suivant pour que tombe la décision d'interdiction, à la surprise générale. Un site web islamiste avait bien allumé la mèche, en appelant à porter plainte contre les journalistes de Nichane, injustement accusés d'offenser Allah et son prophète. En quelques jours, la machine s'emballe. Une manifestation étudiante à Kénitra et un éditorialiste attisent le (petit) foyer de tension. Dans un enchaînement surréaliste, voilà que… le Parlement koweïtien s'empare de l'affaire et vote une motion virulente à l'encontre du magazine et de ses journalistes. Pour l’auteur du dossier comme pour ses collègues de Nichane, le pire n'était pas la flopée d'insultes et de menaces de mort sur les forums Internet, mais bien ces “pseudo-progressistes et intellectuels qui ont jugé le dossier avant de le lire, au motif qu'on ne rigole pas avec la religion”. Et le cas Nichane n'est pas isolé.

Les responsables de la rubrique “mina l’qalb Ila l’qalb”, le courrier du cœur du quotidien Al Ahdath Al Maghribia, ne comptent plus les coups de fil de menaces et d'intimidations. “Il y a eu une période de légère accalmie mais, depuis qu'on a instauré le numéro vert, les appels (et les insultes) ont repris de plus belle”, nous confesse ce responsable. Une allusion qui prêterait à sourire, si ce n'étaient les dangers réels encourus par les journalistes du quotidien. Le 5 janvier 2004, Mohamed El Brini, directeur de la publication, reçoit un colis piégé sous la forme d'une lettre de vœux à l'occasion du Nouvel An. Le préposé au courrier est précautionneux, il n'ouvre pas le colis suspect. Son examen par la police scientifique de Casablanca révèlera que le paquet renfermait bien des explosifs et était doté d'un système de mise à feu à l'ouverture. Quelques mois plus tard, en novembre 2005, Saïd Lakhal, collaborateur du même journal, et chercheur spécialisé dans les mouvements islamistes, est menacé de mort par des radicaux qui l'accusent d'apostasie. à cause de la teneur de ses analyses politiques réputées peu tendres envers le radicalisme religieux et politique...

Faut-il attendre que la violence éclate au grand jour, pour tirer (trop tard) la sonnette d'alarme ? Rappelons-nous de ce fait-divers peu commun passé quasiment inaperçu en février 2002. Zakaria Miloudi, une des figures de proue de la Salafiya jihadia à Casablanca, inconnue à l'époque, prononçait une fatwa condamnant à mort (par lapidation !) un “soûlard et débauché”. La sentence sera exécutée le soir même par le groupe de Miloudi, connu sous le nom d'Assirat Al Moustaqim. Depuis plusieurs mois, cette bande faisait régner la terreur dans les quartiers Tomas et Skouila à Sidi Moumen, à Casablanca. S'érigeant en gardiens de la morale, dans des bidonvilles délaissés par l'Etat, les salafistes organisaient des rondes, armés de bâtons et de fouets, pour faire valoir leurs “préceptes”, intimidant, agressant femmes non voilées et couples “illégitimes”. A l'époque, ces agissements étaient restés sans riposte, ou presque. Des mois plus tard, Assirat Al Moustakim devenait célèbre en fournissant le gros des troupes des attentats-kamikazes du 16 mai 2003...





APPEL POUR LA DEFENSE DES LIBERTÉS INDIVIDUELLES

Depuis quelques années, on assiste au Maroc à une inquiétante prolifération des menaces et agressions (verbales ou physiques) à l'encontre de divers groupes ou individus.

À cause des goûts, croyances, opinions ou choix de vie personnels de ces derniers, on les accuse d'“offenser les sentiments des musulmans” et de “menacer les valeurs traditionnelles des Marocains”. Sous le prétexte de “protéger la morale et la vertu”, certains n'hésitent plus à prononcer, ouvertement ou de manière détournée, des sentences d'excommunication (takfir) à l'encontre desdits “déviants”. Ce qui consiste, clairement, à appeler à la violence physique à leur encontre, voire à menacer leur vie.

Au vu de leurs conséquences, ces campagnes de stigmatisation religieuse, suscitées et relayées par divers groupes intégristes, sites Internet et titres de presse, constituent autant d'atteintes graves à un principe fondamental et universellement reconnu : celui des libertés individuelles.

La multiplication de ces campagnes, conjuguée à la passivité des autorités, a fini par installer au Maroc un réel climat de terrorisme intellectuel. Un grand nombre d'artistes et créateurs, penseurs, écrivains, journalistes, ou simples citoyens aux goûts et choix de vie personnels jugés “déviants”, subissent aujourd'hui, du simple fait de l'exercice de leurs libertés individuelles, une pression considérable.

À de multiples reprises, cette pression a engendré des actes de violence qui sont allés dans certains cas jusqu'au meurtre. Elle a même abouti, dernièrement, à des émeutes, pillages et destructions de biens privés par une foule manipulée, chauffée à blanc et sur le point de procéder au lynchage public de prétendus “déviants”. La pression était telle que l'Etat s'est vu acculé, pour “calmer la foule”, à libérer les émeutiers appréhendés, puis à juger et condamner sans preuves… les victimes de cette hystérie collective !

Nous vivons aujourd'hui dans un climat de haine et d'inquisition qui, à terme, met en danger la paix civile au Maroc.

Nous, signataires de cet appel,

1. Attirons l'attention des autorités et de l'opinion publique sur l'extrême danger de cette situation, qui ne cesse d'empirer ;
2. Appelons les autorités et l'opinion publique à faire preuve de la plus grande vigilance contre les propagateurs de haine et les inquisiteurs, à l'affût du moindre prétexte pour susciter la violence et le trouble à l'ordre public ;
3. Rappelons que la religion est un bien commun qui ne doit en aucun cas être utilisé pour dresser les Marocains les uns contre les autres ;
4. Déclarons respecter les goûts, croyances, opinions et choix de vie de chacun, quels qu'ils soient, tout en affirmant que personne n'a le droit de diaboliser autrui sous le prétexte que ses sentiments sont “heurtés” par l'expression de goûts, croyances, opinions ou choix de vie différents des siens ;
5. Rappelons que parmi les recommandations émises, sous l'égide de l'Etat, par l'Instance équité et réconciliation, figure l'inscription dans la Constitution du principe de respect de la vie privée des individus, comme le stipulent l'article 12 de la Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée par le Maroc, ainsi que les articles 17 et 18 du Pacte international des droits civils et politiques, ratifié par le Maroc ;
6. Rappelons que les conventions internationales qui protègent les libertés individuelles priment sur les lois intérieures des nations (dont le Maroc) qui ont choisi de ratifier ces conventions ;
7. Appelons solennellement l'Etat à défendre et protéger les libertés individuelles en sanctionnant clairement et résolument, dans le Code pénal, toute forme d'incitation à la haine, à la discrimination et à la violence contre les individus en raison de leur croyances, opinions et choix de vie personnels.

Un comité de suivi de “l'appel” sera constitué, et annoncera son programme de travail dans les prochaines semaines. Pour vos idées et contributions, baytalhikma@gmail.com








Pourquoi cet appel ?


Pour TelQuel, Ahmed R. Benchemsi

D’où est venue cette initiative de lancer un “appel pour la défense des libertés individuelles” ? D'abord d'un constat lucide : le “camp d'en face” (celui des islamistes plus ou moins extrémistes et de tous les populistes qui, objectivement, font leur jeu), dispose d'un cadre idéologique clair : la religion et la morale islamique “pures et parfaites” - ou du moins, c'est ainsi qu'ils la fantasment. “L'autre camp” (celui des démocrates, libéraux et autres humanistes) a, lui, un problème : son discours ne s'inscrit pas dans un corps de doctrine clair et ouvertement affirmé. Ce camp-là se contente de dire, à chaque fois que l'actualité l'exige : “Ce n'est pas bien de juger et de condamner autrui sur la base de choix de vie personnels”… mais sans dire, en contrepoint : “Voilà ce qui est bien, et voilà la doctrine universellement reconnue dans laquelle notre condamnation s'inscrit”.

Cette doctrine, qu'il s'agit désormais de revendiquer haut et fort, porte un nom : cela s'appelle les “libertés individuelles”

- et ce n'est d'ailleurs pas un concept totalement étranger à nos mœurs politico-sociales. Au Maroc, le respect et la défense des libertés individuelles sont réclamés par la très officielle Instance équité et réconciliation (IER), dont les recommandations ont été émises sous l'égide de l'Etat - et même du roi. Et bien avant cela, ils avaient été réclamés à cor et à cri par une multitude d'ONG marocaines qui défendent les droits de l'homme - dont les libertés individuelles font intrinsèquement partie.

L'idée, en deux mots : chacun a le droit de vivre sa vie privée comme il l'entend, sans être jugé ni diabolisé par les autres. Certes, nous vivons dans une société globalement conservatrice, l'ignorer serait s'aveugler. Selon le principe démocratique de base, la minorité doit respecter l'opinion de la majorité. Mais selon le même principe, la réciproque doit être tout aussi vraie. Or, cette règle démocratique fondamentale, l'Etat a tendance à l'oublier, dès lors qu'il se trouve un tant soit peu embarrassé - comme c'était le cas après la scandaleuse “chasse à l'homo” de Ksar El Kébir, en novembre dernier.

Voilà donc la raison d'être de cet “appel pour la défense des libertés individuelles” : donner corps à ce concept, au Maroc, montrer qu'il est soutenu par une large partie de notre intelligentsia et de notre élite - et, in fine, dire aux intégristes, aux populistes, et aux propagateurs du nouvel et (dangereux) ordre moral : “Vous n’êtes pas seuls”.









PREMIERS SIGNATAIRES


Abdellatif Laâbi Ecrivain, poète
Tahar Benjelloun Ecrivain, lauréat du prix Goncourt
Mohamed Chafik Académicien du royaume du Maroc
Larbi Messari Ancien ministre
Hassan Nejmi Ecrivain, ancien président de l'Union des écrivains du Maroc
Abderrahim Harouchi Ancien ministre
Salah El Ouadie Poète
Bigg Rappeur
Fatiha Saidi Députée bruxelloise
Mohamed El Gahs Ancien ministre
Noureddine Saïl Directeur du Centre cinématographique marocain
Farid Belkahya Artiste plasticien
Hakima Himmich Professeur à l'Université
de médecine
Noureddine Ayouch Publicitaire
Driss Moussaoui Psychiatre
Abderrahim Jamaï Avocat, militant des droits de l'homme
Mohamed Tozy Professeur universitaire
Saïd Saadi Ancien ministre
Mohamed El Ayadi Enseignant Chercheur
Soumiya Naamane Guessous Sociologue, professeur universitaire
Samira Sitaïl Directrice de l'information, 2M
Mohamed (Momo) Meghari Co-organisatur du festival L'Boulevard
Hicham Bahou Co-organisateur du festival L'Boulevard
Fouad Abdelmoumni Chef d'entreprise
Hicham Abkari Directeur du théâtre Mohammed VI Abdesselam Aboudrar Ingénieur
Abdeghani Aboulazm Professeur universitaire
Fadel Agoumi Directeur, La Vie Eco
Najib Akesbi Enseignant chercheur
Abdelkader Alami Président de la Ligue marocaine des droits de l'homme
Réda Allali Chanteur, journaliste
Ali Amar Directeur, Le Journal hebdomadaire
Khadija Amiti Sociologue
Bahia Amrani Directrice, Le Reporter
Ahmed Arehmouch Militant amazigh
Abderrahim Ariri Directeur, Al Watan Al An
Ahmed Assid Militant amazigh
Fouzia Assouli Présidente de la Ligue démocratique des droits des femmes
Nabil Ayouch Producteur, cinéaste
Mouhcine Ayouche Coach consultant
Abdelkader Azrieh Syndicaliste
Jamaa Baïda Historien
Omar Balafrej Militant USFP
Mohamed Benabdelkader Chercheur et activiste des droits humains
Ahmed Reda Benchemsi Directeur, Groupe TelQuel Saâd Benkirane Consultant
Khalil Benkirane Cinéaste
Abdefettah Bennani S.G. Association Bayt
Al Hikma
Azeddine Bennis Militant des droits de l'Homme
Rachida Bennis Ayouch Cadre supérieur
Hicham Benyaïch Médecin, enseignant
Jamal Berraoui Président, Org. marocaine contre la haine et le racisme
Ali Bouabid Membre du Conseil national de l'USFP Karim Boukhari Rédacteur en chef, TelQuel
Abdesslam Boutayeb Enseignant chercheur
Driss Chahtane Directeur, Al Michaal
Abdeslam Cheddadi Professeur chercheur
Youssef Chehbi Avocat
Houriya Cherif Haouat Consultante
Nacer Chraïbi Président, Collectif Démocratie et modernité
Saâd Chraïbi Cinéaste
Abdelmounaïm Dilami Directeur, Groupe
Eco-Médias
Nasreddine El Afrit Président du conseil de surveillance, Groupe Caractères Abdellah El Amrani Directeur, La Vérité
Mohamed El Brini Directeur, Al Ahdath
Al Maghribiya
Abdellah El Oualladi Avocat, ex-Président de l'Organisation marocaine des droits de l'homme
Saïd Essoulami Président, ONG CFM-MENA
Abdelfattah Ezzine Président, Cercle de citoyenneté
Rachid Fekkak Enseignant/Animateur en art théâtral et audiovisuel
M'Hammed Grine Militant associatif
Khalil Hachimi Idrissi Directeur, Aujourd'hui
Le Maroc
Mohamed Hafid Directeur, Al Hayat Al-Jadida
Ali Hajji Chef d'entreprise
Fatima Harrak Professeur Chercheur Institut
des Etudes Africaines, Rabat
Mustapha Iznasni Ex-membre de l'IER
Larbi Jaidi Economiste, universitaire
Maâti Kabbal Journaliste, écrivain
Kamal Lahbib Militant associatif
Abdelmalek Kettani Chef d'entreprise
Driss Khrouz Enseignant universitaire
Abdelaziz Koukas Directeur, Al Ousbouia Al Jadida Driss Ksikes Journaliste, écrivain
Kamal Lahlou Directeur, Editions la Gazette
Mehdi Lahlou Président d'ACME-Maroc
Said Lakhel Professeur chercheur
Abdelhaï Laraki Réalisateur et producteur
Moulime Laroussi Ecrivain
Hakima Lebbar Psychanalyste
Simon Levy Universitaire, homme politique
Najat M'Jid Militante Associative
Mohamed M'Jid Militant associatif
Abdelkrim Manouzi Médecin, militant des droits
de l'Homme
Fadoua Maroub Militante des droits de l'homme
Jaouad Mdidech Journaliste, militant des droits
de l'homme
Noureddine Miftah Directeur, Al Ayyam
Mohamed Mouaqit Universitaire
Abdelaziz Mouride Journaliste, artiste
Mohamed Mrabet Premier secrétaire du PPS, région Ktama Houceïma
Mustapha Naïmi Chercheur à l'IURS - Rabat
Jamal Eddine Naji Universitaire
Ahmed Najim Rédacteur en chef adjoint, Nichane
Bouchaïb Najioullah Consultant
Mostafa Nissabouri Ecrivain
Abdelaziz Nouaydi Avocat - militant associatif
Ilias Omari Président d'ONG
Bachir Rachdi Chef d'entreprise
Najat Razi Présidente, Association marocaine pour les droits de la femme
Ahmed Rdaouni Chercheur en sociologie culturelle Narjis Rerhaye Journaliste, écrivain
Meryem Rhazzar Militante associative
Gerti Roos-Benmakhlouf Assistante de direction
Khadija Rouissi Présidente, association Bayt
Al Hikma
Aïcha Sakhri Directrice, Femmes du Maroc
Noureddine Saoudi Ecrivain, enseignant
Said Sekkat Chef d'entreprise
Mohamed Sghir Janjar Directeur, Prologues
Khalil Sidki Militant altermondialiste
Amina Slaoui Militante associative
Omar Slaoui Chef d'entreprise
Aziz Smirès Médecin
Mohamed Soual Membre du bureau politique
du PPS
Khalid Mohamed Souhnoun Membre du conseil national du PSU
El Mostafa Soulaih Ecrivain, membre de La Commission Arabe Des Droits Humains
Karim Tazi Chef d'entreprise
Neila Tazi Chef d'entreprise
Bouchra Tounzi Militante associative
Fahd Yata Directeur, La Nouvelle Tribune
Rahma Yousfi Militante associative

Pour ajouter votre nom à cette première liste de signataires, envoyez un email
à baytalhikma@gmail.com





à lire sur: http://www.telquel-online.com/307/couverture_307.shtml

page principale: http://www.telquel-online.com/


A noter: Avant il existait aussi l'hebdomadaire nishan, en arabe, interdit depuis pour soit-disant offense à l'islam et son prophète....
l'article en parle, d'ailleur...



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yacoub
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Re : tel quel hebdomadaire marocain: appel à la liberté indi

Message non lu par yacoub »

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yor
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Re : tel quel hebdomadaire marocain: appel à la liberté indi

Message non lu par yor »

deux journeaux arabophone manque la scene politique algerienne (alwaqut et essah-affa). deux journeaux de cretique dans le vrais sens..mntenant il reste des journeaux bien proche de l'etat arabo-musilman.
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Re: tel quel hebdomadaire marocain: appel à la liberté indiv

Message non lu par Maried »

Le musulman moyen…
21 Sept 2012 Par : Karim Boukhari L'ÉDITO 0 commentaires(s)


Comme on pouvait le craindre, l’affaire du film Innocence of muslims est loin d’être finie. La colère du musulman moyen, cet être continuellement au bord de l’implosion, déborde de partout. Et elle est toujours aveugle, cette colère, ciblant tout et n’importe quoi. Hier c’étaient les Etats-Unis, aujourd’hui c’est autour de la France de trinquer. Après Obama, c’est Hollande. Comment cela ? Nos confrères de Charlie hebdo viennent d’en remettre une couche exploitant l’affaire du film pour publier, en pages intérieures, une caricature du prophète, encore une, ni plus “méchante” ni plus malvenue que les précédentes. Il n’en fallut pas plus pour que la France, dans ses représentations les plus officielles, devienne à son tour une cible potentielle pour la colère aveugle des “musulmans”. Colère ? Plutôt folie. Et le Maroc, évidemment, n’est pas épargné.
Un ami m’a rapporté ceci : “Ma fille de 10 ans est venue me voir pour me demander “Papa, pourquoi Hollande s’attaque-t-il à notre prophète ?”. C’est ce qu’on lui a dit, à l’école…”. Le grand public, c'est-à-dire Monsieur tout le monde, le musulman moyen, ne connaît pas Charlie hebdo. Il ne sait pas que le journalisme satirique est un genre à part, tout à fait respectable. Il ne sait pas, non plus, que “notre prophète” et “notre religion”, pour reprendre une terminologie courante, ne sont pas les seules sources de rire et de moquerie plus ou moins de bon goût. Il ignore que l’interdiction de représenter le prophète ou de railler l’islam est une loi valable seulement en terres d’islam, pas dans le reste du monde (et les terres d’islam ne représentent qu’une petite partie du globe, n’est-ce pas). Il ignore, surtout, et c’est sans doute le plus dramatique, que dans un pays libre un article et une caricature expriment le point de vue et la sensibilité d’un individu et pas d’un pays. Ce n’est pas le gouvernement américain et ses représentations diplomatiques dans le monde qui ont réalisé Innocence of muslims. Ce n’est pas, non plus, François Hollande et ses ministres, ou ses ambassades et ses écoles dans le monde, qui ont caricaturé le prophète. Mais allez expliquer cela au musulman moyen dont les nerfs sont décidément à vif, un être dont la sensibilité et la susceptibilité dépassent largement la moyenne mondiale, un être, donc, qui n’a aucun sens de l’humour, aucune notion d’autodérision ou de distance critique, un “enfant” toujours sur le point de craquer, de déraper, qui se croit très spécial et se prend pour le centre du monde, prêt à s’enflammer dès l’instant où l’on titille ses points ultrasensibles ou l’on raille sa singularité.
Je reviens d’un voyage en Espagne où il m’a été donné de rencontrer certains responsables politiques du parti au pouvoir, le Partido Popular. L’un d’eux m’a dit ceci : “Chaque fois que la presse espagnole publie un article déplaisant (pour le Maroc), c’est le gouvernement qui paie, comme s’il en était responsable”. En 2010, rappelez-vous, deux millions de Marocains (en dehors de la Marche verte, c’est le plus grand rassemblement jamais organisé à l’intérieur du territoire marocain) avaient défilé dans les rues pour protester “contre l’Espagne”. Pourquoi donc ? Eh bien parce que certains journaux espagnols avaient publié de fausses informations sur le soulèvement de Laâyoune, plus connu par les événements de Gdeim Izik, quelques jours auparavant. Quand le ridicule atteint de telles proportions, il ne tue certes pas, mais il fait peur. Très peur.
Pour revenir à l’actualité, le musulman moyen se sent aujourd’hui attaqué par deux des plus grandes nations du monde : l’Amérique et la France. Juste ciel ! Cela légitime, à ses yeux, toute action entreprise contre les représentations liées à ces deux pays. Ce n’est pas le silence des autorités politiques et religieuses dans le monde musulman qui risque de le persuader du contraire. Chefs d’Etat, leaders politiques et religieux, tout ce petit monde se tait, de peur que le moindre appel à la raison ne soit interprété (par ce fameux musulman moyen) comme un ralliement aux forces du mal. Nous en sommes là.
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Re: tel quel hebdomadaire marocain: appel à la liberté indiv

Message non lu par Angelotin »

Il ignore, surtout, et c’est sans doute le plus dramatique, que dans un pays libre un article et une caricature expriment le point de vue et la sensibilité d’un individu et pas d’un pays. Ce n’est pas le gouvernement américain et ses représentations diplomatiques dans le monde qui ont réalisé Innocence of muslims. Ce n’est pas, non plus, François Hollande et ses ministres, ou ses ambassades et ses écoles dans le monde, qui ont caricaturé le prophète.
La meilleur réponse à la caricature et d'en faire d'autres avec humour!
Ces faits divers est un prétexte de certains musulmans violent pour mettre le bazar!
Il y a en effet beaucoup trop d’amalgame et un vrai manque de nuance critique. La raison a été remplacé par une foi aveugle nourrit par la violences et le meurtre.
Le journaliste est courageux de le dénoncer car il risque surement sa vie en appelant les musulmans a prendre de la distance et à avoir un peu plus de réflexion.

L’autre point, les pays non musulman n'ont pas à appliquer les règles islamiques. Un pays non communiste, n'a pas a appliquer les règles communistes. Un pays non monarchiste, n'a pas a appliquer les règles monarchique; etc...
De ce fait, les donneurs de leçon islamiques se battent contre des moulins à vent en mettant en danger leur propre pays pour les faire sombrer dans le fanatisme religieux.
Ni Dieu, Ni Maitre. Athéisme naturaliste et humaniste. l'auto gestion comme forme politique. L'écologie pour nous sauver. La vie comme une romance gothique!.
"Vous n'avez pas besoin de religion pour justifier l'amour, mais c'est le meilleur outil jamais inventé pour justifier la haine."
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Esperance
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Article d'un philosophe et islamologue marocain

Message non lu par Esperance »

Bonjour tout le monde!

Quand même, il y a des jours où je me dis qu'il y a de l'espoir pour les futures générations! :)


Aujourd'hui, certains individus veulent faire des conceptions et des commandements de l'Islam, des soi-disant vérités indépendantes du temps et de l'espace, comme certains marxistes des décennies précédentes, et veulent contraindre tout le monde autour d'eux à adopter leurs interprétations.



http://www.medias24.com/DOSSIER-2013-20 ... ve-la.html
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Agape
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Re: Article d'un philosophe et islamologue marocain

Message non lu par Agape »

Salut,

Suite au bug forum d'hier soir mon post a été effacé, je vais en profiter pour affiner ma réponse.

Cet article est déjà nettement plus sur la même longueur d'onde que ma pensée.
Sur Islamla j'ai déjà lu que les musulmans sont les premières victimes de l'Islam. Ce texte explicite bien pourquoi.
Un des points centraux de cet article explique qu'il existe toujours, quelle que soit la religion, des gens qui refusent de mettre leurs croyances en lumière de l'aspect historique de leur invention.
Le problème de l'Islam est que ce point de vue s'est répandu dans le monde musulman, au point d'arriver jusqu'en Europe. Moi j'appelle ça une régression, après tout, on a déjà vu ici des témoignages de gens affirmant que l'Islam actuel est complètement différent de l'Islam de leur jeunesse. La croyance que l'Islam est un, indivisible est une conséquence d'une manipulation à mon avis.

Toute société humaine a tendance à évoluer, pas à régresser sauf intervention volontaire. Dans le cas présent, cette perspective historique est sciemment empêchée par quelques personnes se servant de l'Islam tel qu'il devrait être compris aujourd'hui pour maintenir les musulmans dans l'ignorance. Ce sens historique est quelque chose qui vient par le savoir, par l'éducation... ce qui fait cruellement défaut au monde musulman aujourd'hui.

Combattre l'Islam en lui-même me fait penser à Don Quichotte et ses moulins à vent. Il faudrait en revanche que les musulmans bouchés se rendent compte, non pas que leur religion est néfaste (même si elle l'est dans sa forme actuelle parce qu'elle permet trop facilement de les maintenir dans l'ignorance), mais surtout qu'on se sert d'elle pour les manipuler.
Les musulmans, où qu'ils soient dans le monde, sont des pions et rien d'autre.

Donc, amis musulmans, si vous me lisez, sachez que je ne cherche pas à vous accabler mais à vous montrer ce qu'on fait de vous. Il est temps pour vous de repousser l'obscurantisme et d'enfin faire naître l'Islam des Lumières, autrement dit un Islam qui vous laissera soumis devant Allah (si vous le désirez) et pas devant des imposteurs prétendant détenir la vérité le concernant.
« Il importe peu de descendre du singe ; l'essentiel est de ne pas y remonter. » R. Wagner
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OLD
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Re: Article d'un philosophe et islamologue marocain

Message non lu par OLD »

jour,
Une situation artificielle renforcée par ce qu’un penseur musulman contemporain a appelé le plus vicieux de tous les cercles vicieux, c’est-à-dire un système où les mêmes attitudes se reproduisent de génération en génération d’une manière mécanique, où les mêmes conceptions sont imposées aux générations montantes par des corps enseignants formés à cette espèce d’ignorance qui prétend être un savoir et qui se proclame être le seul savoir légitime en matière de religion.
c'est l'attitude que leur transmet le coran, reproduire a l'infini l'apprentissage des sourates, l'abrutissement, l'alienatons a un concepte figé comme le desert d'ou il vient.

jamais auparavant l'humanité n'avait connu une t- elle calamité.
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