Les 2 façons de dire "OUI" ...
Publié : ven. 7 mai 2010 15:05
Bonjour,
Dans un article du Monde des religions n°34, André Comte-Sponville traitait des 2 façons de dire oui.
En résumé (d'après ce que j'ai compris) :
"Il cite une de ses amies rongée par le cancer qui allait l'emporter dire ceci : "Il y a deux façons de dire oui. On peut dire oui parce que tout est bien. Ou on dit oui parce que tout est. Ce n'est pas la même chose..."
Il y a le oui de l'approbation qui n'a de sens que religieux. C'est le contraire du tragique : si tout est bien, il n'y a plus de tragique. C'est le contraire de la révolte : si tout est bien, il n'y a jamais à résister. C'est le oui de l'âne (le hi-han) ou du béni-oui-oui. On le trouve chez les stoïciens, jamais chez Epicure, Spinoza ou Nietzsche (le oui tragique - "ia" en allemand).
Le second oui, celui de l'acceptation ne relève pas d'un jugement de valeur mais d'un jugement de fait (celui du cancer par ex). Comment autrement le combattre efficacement ? Comment, si on ne peut le guérir, l'affronter lucidement ?
André Comte-Sponville se demande ensuite « Mais doit-on accepter pour autant "avec amour", doit-on accepter le cancer, les tremblements de terre "avec amour" ? et si ce n’est par amour « Qu'est-ce qui empêche d'accepter avec haine ? »
Réponse : la sagesse.
Car qui verrait en effet dans cette haine une sagesse ? Ni Epicure, ni Spinoza, ni Nietzche, et pas d'avantage Bouddha ou Jésus.
Et dans l’amour ?
"Aimer ses ennemis" disent les Evangiles, cela suppose que l'on en a. Ce n'est pas renoncer à les combattre. C'est les affronter sans haine, ou avec le moins de haine possible, voire avec amour, lorsqu'on en est capable (mais sans obligation).
Aucun sage ne nous en demande davantage "
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Personnellement cet article m'a replacée dans la position existentielle du Zen, qui préconise de ne pas placer l'homme comme observateur d'un phénomène qui l'écrase, qu'il redoute ou même apprécie mais comme quelque chose qu'il doit comprendre et accepter comme tel pour l'aider à pacifier son esprit sans jugement de valeur. On ne peut prétendre à la "paix éternelle" que si au préalable le monde des phénomènes (l'extérieur) a perdu sa capacité de fascination ou de répulsion: ce monde EST simplement.
Et à nous-mêmes aussi (dans l'idéal du sage) de n’être en fin de compte ni pour ni contre rien.
J'ai corrigé le titre .. Lorie
Dans un article du Monde des religions n°34, André Comte-Sponville traitait des 2 façons de dire oui.
En résumé (d'après ce que j'ai compris) :
"Il cite une de ses amies rongée par le cancer qui allait l'emporter dire ceci : "Il y a deux façons de dire oui. On peut dire oui parce que tout est bien. Ou on dit oui parce que tout est. Ce n'est pas la même chose..."
Il y a le oui de l'approbation qui n'a de sens que religieux. C'est le contraire du tragique : si tout est bien, il n'y a plus de tragique. C'est le contraire de la révolte : si tout est bien, il n'y a jamais à résister. C'est le oui de l'âne (le hi-han) ou du béni-oui-oui. On le trouve chez les stoïciens, jamais chez Epicure, Spinoza ou Nietzsche (le oui tragique - "ia" en allemand).
Le second oui, celui de l'acceptation ne relève pas d'un jugement de valeur mais d'un jugement de fait (celui du cancer par ex). Comment autrement le combattre efficacement ? Comment, si on ne peut le guérir, l'affronter lucidement ?
André Comte-Sponville se demande ensuite « Mais doit-on accepter pour autant "avec amour", doit-on accepter le cancer, les tremblements de terre "avec amour" ? et si ce n’est par amour « Qu'est-ce qui empêche d'accepter avec haine ? »
Réponse : la sagesse.
Car qui verrait en effet dans cette haine une sagesse ? Ni Epicure, ni Spinoza, ni Nietzche, et pas d'avantage Bouddha ou Jésus.
Et dans l’amour ?
"Aimer ses ennemis" disent les Evangiles, cela suppose que l'on en a. Ce n'est pas renoncer à les combattre. C'est les affronter sans haine, ou avec le moins de haine possible, voire avec amour, lorsqu'on en est capable (mais sans obligation).
Aucun sage ne nous en demande davantage "
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Personnellement cet article m'a replacée dans la position existentielle du Zen, qui préconise de ne pas placer l'homme comme observateur d'un phénomène qui l'écrase, qu'il redoute ou même apprécie mais comme quelque chose qu'il doit comprendre et accepter comme tel pour l'aider à pacifier son esprit sans jugement de valeur. On ne peut prétendre à la "paix éternelle" que si au préalable le monde des phénomènes (l'extérieur) a perdu sa capacité de fascination ou de répulsion: ce monde EST simplement.
Et à nous-mêmes aussi (dans l'idéal du sage) de n’être en fin de compte ni pour ni contre rien.
J'ai corrigé le titre .. Lorie