Bonjour,
Dans un article du Monde des religions n°34, André Comte-Sponville traitait des 2 façons de dire oui.
En résumé (d'après ce que j'ai compris) :
"Il cite une de ses amies rongée par le cancer qui allait l'emporter dire ceci : "Il y a deux façons de dire oui. On peut dire oui parce que tout est bien. Ou on dit oui parce que tout est. Ce n'est pas la même chose..."
Il y a le oui de l'approbation qui n'a de sens que religieux. C'est le contraire du tragique : si tout est bien, il n'y a plus de tragique. C'est le contraire de la révolte : si tout est bien, il n'y a jamais à résister. C'est le oui de l'âne (le hi-han) ou du béni-oui-oui. On le trouve chez les stoïciens, jamais chez Epicure, Spinoza ou Nietzsche (le oui tragique - "ia" en allemand).
Le second oui, celui de l'acceptation ne relève pas d'un jugement de valeur mais d'un jugement de fait (celui du cancer par ex). Comment autrement le combattre efficacement ? Comment, si on ne peut le guérir, l'affronter lucidement ?
André Comte-Sponville se demande ensuite « Mais doit-on accepter pour autant "avec amour", doit-on accepter le cancer, les tremblements de terre "avec amour" ? et si ce n’est par amour « Qu'est-ce qui empêche d'accepter avec haine ? »
Réponse : la sagesse.
Car qui verrait en effet dans cette haine une sagesse ? Ni Epicure, ni Spinoza, ni Nietzche, et pas d'avantage Bouddha ou Jésus.
Et dans l’amour ?
"Aimer ses ennemis" disent les Evangiles, cela suppose que l'on en a. Ce n'est pas renoncer à les combattre. C'est les affronter sans haine, ou avec le moins de haine possible, voire avec amour, lorsqu'on en est capable (mais sans obligation).
Aucun sage ne nous en demande davantage "
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Personnellement cet article m'a replacée dans la position existentielle du Zen, qui préconise de ne pas placer l'homme comme observateur d'un phénomène qui l'écrase, qu'il redoute ou même apprécie mais comme quelque chose qu'il doit comprendre et accepter comme tel pour l'aider à pacifier son esprit sans jugement de valeur. On ne peut prétendre à la "paix éternelle" que si au préalable le monde des phénomènes (l'extérieur) a perdu sa capacité de fascination ou de répulsion: ce monde EST simplement.
Et à nous-mêmes aussi (dans l'idéal du sage) de n’être en fin de compte ni pour ni contre rien.
J'ai corrigé le titre .. Lorie
Les 2 façons de dire "OUI" ...
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liza
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Si les triangles faisaient un dieu, ils lui donneraient 3 côtés. (Montesquieu)
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Re: Les 2 façond e dire "OUI" ...
Réflexion intéressante, je vais bouquiner tout ça 
" L'art de la citation est l'art de ceux qui ne savent pas réfléchir par eux-même. " Voltaire
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Re: Les 2 façond e dire "OUI" ...
Oulalala , c'est vraiment tortueux la philosophie
Faut dire que mon naturel étant d'appeler un chat un chat , quand je dis oui je pense oui et quand je dis non je pense non
C'est plus simple comme ça et ça a l'avantage de laisser du temps libre pour aller se changer les idées plutôt qu'à se casser les méninges sur la possibilité que le chat ne soit pas finalement un chat .
Mdrrrr , je taquine bien sûr
Faut dire que mon naturel étant d'appeler un chat un chat , quand je dis oui je pense oui et quand je dis non je pense non
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liza
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Re: Les 2 façons de dire "OUI" ...
Sauf qu'"appeller un chat, un chat" est en quelque sorte une idée reçue. Et que les idées surtout si elles sont reçues font justement perdre plus de temps qu’autre chose.samay a écrit :Oulalala , c'est vraiment tortueux la philosophie![]()
Faut dire que mon naturel étant d'appeler un chat un chat , quand je dis oui je pense oui et quand je dis non je pense nonC'est plus simple comme ça et ça a l'avantage de laisser du temps libre pour aller se changer les idées plutôt qu'à se casser les méninges sur la possibilité que le chat ne soit pas finalement un chat .
Mdrrrr , je taquine bien sûr
Car qui a décrété que le chat était un chat ? Le chat lui n'a rien revendiqué. Pour lui il a sans doute mieux à faire (dormir par ex
Dans la révolution du silence de Krishnamurti :
"Le mot n'est pas seulement un élément du langage, il n'est pas un simple son, c'est aussi un symbole, le rappel de tout souvenir susceptible de déclencher le mouvement de la mémoire, de la pensée. La méditation est l'absence totale de ce mot. La racine de la peur est le mécanisme du mot."
Ainsi pour en revenir au texte de départ, celui qui dit oui sans amour ni haine, parce que les choses sont, ne réveille aucun souvenir symbolique ou religieux d'aucun système, avec historique et jugement de valeur en fardeau. Il sera ainsi plus proche de sa nature qui est vivante avant toute autre réalité, sans tout le reste qui n'est ni forcément essentiel ni même forcément utile.
Tout cela évidemment est un idéal à atteindre mais au moins on le connaît… c’est déjà beaucoup. ça élargit la vision du « salut » qui peut ne rien devoir à la religion et à la civilisation qui l’a crée, faites toutes 2 de symboles, d’histoire et de préjugés.
Krishnamurti : « La vérité n’appartient ni au passé ni au présent, elle est hors du temps ; et celui qui cite la vérité du Bouddha, de Shankara ou du Christ, ou qui ne fait que répéter ce que je dis, ne trouve pas la vérité, car la répétition n’est que mensonge. La vérité est un état, un mode d’être qui survient lorsque l’esprit qui cherche à diviser, qui se veut exclusif, qui ne peut penser qu’en termes de résultat et de réussite, cesse d’exister. La vérité n’a pas d’ancrage fixe, elle est élusive et non pas permanente, on ne la voit que d’instant en instant. Elle est toujours nouvelle et donc intemporelle. »
Dernière modification par liza le dim. 9 mai 2010 10:29, modifié 2 fois.
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Re: Les 2 façond e dire "OUI" ...
Merci Lorie pour avoir corrigé la faute dans le titre du threadlorie a écrit :Pas mal ..
Si les triangles faisaient un dieu, ils lui donneraient 3 côtés. (Montesquieu)